
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Une ceinture de sécurité pour les réseaux sociaux
De tout temps, lorsque l’humain a lancé une nouvelle invention, il s’enthousiasme tel un enfant devant un nouveau jouet à Noël. Il faut l’essayer tout de suite et tester toutes ses possibilités, sans limite, sans contrainte, sans règle. Mais au fil du temps, les utilisateurs se rendent compte des dangers que peut représenter cette invention. Ainsi, pour les automobiles, on a rendu le port de la ceinture de sécurité obligatoire. Alors même si certains sont toujours un peu réfractaires, et notamment les enfants qui trouvent que ça gratte le cou, mais heureusement, on a inventé des petites peluches qui se fixent à la ceinture pour en faire un doudou, mon préféré c’était un petit dauphin, la plupart des citoyens mettent sans trop réfléchir cette ceinture qui les compresse, tout simplement pour améliorer leur chance de survie en cas de crash.
Aujourd’hui, c’est un peu ce que l’Europe vient de faire avec les réseaux sociaux. Il aura fallu un recul d’une vingtaine d’années, eh oui déjà 20 ans, pour qu’on prenne des mesures de sécurité. Vous me direz qu’il y en a déjà avec la censure, pardon la modération, parfois étrange de Meta qui ne permet pas la publication d’une photo artistique de nu mais qui laisse passer des propos racistes, mais dans l’ensemble, les contraintes semblaient plutôt étrangères aux réseaux sociaux. Donc à présent, les pays membres de l’Union européenne se sont mis d’accord et la commission lance une application pour vérifier l’âge des utilisateurs. Jusqu’à présent, il était tout à fait possible d’inscrire une autre date de naissance, les réseaux étant encore moins regardants qu’un videur de boîte de nuit qui laisse passer les jeunes filles qui n’ont que 16 ans. D’ici quelques mois, TikTok, Facebook, Instagram ou encore YouTube vont devoir intégrer une application d’âge incontournable.
Pour s’identifier, il faudra introduire son passeport ou sa carte d’identité et on n’aura même pas besoin de dire « Sésame, ouvre-toi » pour avoir accès à plusieurs services en ligne. Reste aux pays membres le choix de l’implémentation et aussi de décider de l’âge d’accès. Si certains parlent de 13 ans, d’autres espèrent interdire les réseaux aux moins de 16 ans. Dans tous les cas, aujourd’hui, un jeune sur six est victime de harcèlement en ligne. Cette application est donc un peu leur ceinture de sécurité même si elle n’évitera pas tous les accidents mortels.