
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Savoir se retirer à temps
Parfois dans la vie, il faut savoir se retirer à temps. Peut-être que le roi Albert ou le prince Laurent auraient aimé avoir ce conseil à un moment donné de leur vie, mais ça, c’est une autre histoire. Ce que je veux dire, c’est que parfois, il faut préférer le silence au bruit et sentir le vent tourner. Pour ceux qui aiment l’agitation, se taire, faire un pas de côté, ne sont pas toujours des agissements naturels. Regardez Jean-Marc Morandini qui a attendu des semaines avant de décider de se retirer de l’antenne de CNews, mais pas de démissionner. Faut quand même pas pousser. Ou encore Jack Lang qui a vraiment dû être poussé dans le dos pour quitter la présidence de l’Institut du monde arabe suite à la révélation de son nom dans les dossiers de Jeffrey Epstein. Tous les deux ont attendu un peu trop longtemps avant de se retirer et cela leur restera collé à la peau, un peu comme une cape de honte.
Aujourd’hui, ce sont les femmes et les hommes politiques bruxellois qui se retirent enfin pour tenter de former un gouvernement. Après 611 jours, il était temps, me direz-vous. Ce matin, à 10h30, les portes de la Fondation universitaire, rue d’Egmont, vont se refermer et c’est là, non pas qu’ils finiront leur vie, enfin a priori, mais bien qu’ils négocieront âprement pour trouver 1,2 milliard et remettre la Région à l’équilibre budgétaire pour 2029. Chacun devra faire des concessions, les noms d’oiseau risquent parfois de voler, certaines portes de claquer, mais le silence absolu devra s’imposer vers l’extérieur du conclave pour qu’ils aient une chance de réussir. Et c’est un peu la dernière chance d’ailleurs.
Si cette tentative échoue, Bruxelles restera en affaires courantes jusqu’aux prochaines élections de 2029. L’échec n’est plus une option. Dans quelques jours, nous verrons donc s’ils se sont retirés à temps pour sortir enfin Bruxelles de l’impasse qu’ils ont eux-mêmes construite.