
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Quel espoir pour Bruxelles ?
Ce matin, je lisais attentivement le nouveau baromètre social de l’Observatoire de la santé et du social à Bruxelles. Et cela m’a rendu plutôt pessimiste pour l’avenir de la Région, et surtout de ses habitants. Aujourd’hui, un Bruxellois sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté. En Flandre, c’est 8% de la population et en Wallonie 13%. La différence est donc criante. Seule petite satisfaction, pour le moment, ce chiffre reste stable sur les dernières années. Mais quand on regarde de plus près, il risque d’augmenter dans les années à venir. Le nombre de personnes vivant avec un revenu de remplacement comme le revenu d’intégration sociale est en hausse. Quant aux personnes au chômage, leur risque de tomber dans la grande précarité est de 60% supérieur à celui d’un travailleur. Or, en quelques mois, plus de 30.000 Bruxellois se sont retrouvés exclus des allocations de chômage. Ils sont donc passés d’un risque important de pauvreté à un risque encore plus accru. Aujourd’hui, par manque d’argent, trois Bruxellois sur dix n’ont pas de contacts sociaux hebdomadaires car les loisirs coûtent trop cher. Impossible d’aller au restaurant quand on est une mère célibataire avec deux enfants à charge et un emploi à temps partiel. Cela veut dire également une dégradation probable de leur santé, et aussi, encore plus de difficultés pour trouver un logement. Car c’est également un des enseignements du baromètre. Le logement bruxellois reste vétuste, énergivore et cher. Un quart de la population vit dans une habitation avec des défauts importants et ce n’est pas avec la fin des primes Rénolution que les logements vont pouvoir être rénovés en grand nombre et rapidement. Les propriétaires ne sont pas incités pour le moment à s’engager dans de grands chantiers. Quant au logement social, la liste d’attente est tellement longue qu’il y a presque plus de chances d’obtenir un ticket pour un des concerts de Céline Dion qu’un appartement de la bonne taille dans les 5 ans.
La chercheuse conclut en affirmant que l’évolution de la région n’est pas rassurante car plusieurs points se dégradent. De nature, je suis plutôt optimiste, même si cela ne se voit pas toujours, mais là, j’avoue qu’entre les mesures fédérales, une crise énergétique et un gouvernement bruxellois qui fait des économies sur tout ce qu’il peut, j’ai un peu de mal à apercevoir une lueur d’espoir pour ceux qui sont déjà dans le noir.