
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Est-ce que les Flamands veulent saboter la Région bruxelloise ?
Depuis hier soir, je retourne tous les faits dans ma tête, mais ce matin, le constat est assez simple : je ne trouve plus les mots. Les mots pour parler de cette situation que même le plus grand auteur de science-fiction ou de thriller n’aurait pu imaginer. Le 30 janvier, cela fera 600 jours que les Bruxelloises et les Bruxellois ont voté. 600 jours qu’ils sont baladés de gauche à droite. Pour une fois, les noms d’oiseaux ne fusaient plus autour de la table des négociations, les partenaires se respectaient et avaient envie de travailler ensemble. Jusqu’à ce qu’un homme dise une fois de plus non.
Avec deux élus, l’Open Vld, pardon Anders, même si Frédéric De Gucht ne se comporte absolument pas autrement depuis que son parti a changé de nom, bloque plus d’un million de citoyens. Lui qui souhaite gouverner sans le PS et améliorer la situation budgétaire de la Région bruxelloise, il va rester dans un gouvernement en affaires courantes dirigé par un ministre-président socialiste et avec des 12e provisoires qui aggraveront le déficit régional. Finalement, cette séquence met en lumière ce que certains disent depuis longtemps en coulisse : les partis flamands et particulièrement Anders, le CD&V et la N-VA n’en ont rien à faire de Bruxelles. S’ils voulaient saboter la Région, ils ne pourraient pas mieux s’y prendre.
Les 6 partis qui voulaient négocier ont encore la force de trouver des mots dans le registre lexical de la colère. Personnellement, je ne l’ai même plus. Pire, la déception est tellement grande qu’elle prend le dessus. Et surtout, ce nouvel échec fait naître en moi une immense inquiétude. Celle que nous restions avec un gouvernement en affaires courantes jusqu’en 2029 et, qu’en plus, rien ne s’arrange ensuite.