Construire de nouveaux immeubles-tours à Bruxelles : “Pas n’importe comment ni sans conditions”, selon Smet

Des immeubles-tours seront encore construits à Bruxelles mais pas à n’importe quel prix, n’importe comment ni en dehors de ce qui est indiqué dans l’accord de gouvernement, a affirmé lundi le secrétaire d’Etat en charge de l’Urbanisme, Pascal Smet (one.brussels-sp.a).

Jusque dans les rangs des partenaires Défi et Ecolo de la majorité régionale, plusieurs députés bruxellois ont interpellé lundi le secrétaire d’Etat pour mieux connaître son point de vue sur la question, à la suite d’une interview récente à ce sujet.

Les interrogations interviennent aussi dans le contexte du projet de Plan d’Aménagement Directeur (PAD) des abords de la rue de la Loi dans le quartier européen. Ce projet qui ouvre la porte, sur le papier à la construction d’immeubles-tours fait l’objet de critiques sévères de la part de comité d’habitants, mais aussi de la Commission Royale des Monuments et des Sites. Il avait déjà donné lieu vendredi dernier à plusieurs questions teintées de critiques adressées au ministre-président Rudi Vervoort (PS).

Dans la majorité, Marie Nagy a souligné que DéFI était partisan de la qualité et de la modernité mais qu’il souhaitait qu’il soit tenu compte pour chaque projet de l’impact sur les perspectives, de son coût et de l’environnement. “A l’ouverture de la COP22, on ne peut plus se permettre de pratiquer le business as usual“, a-t-elle ajouté. Isabelle Pauthier (Ecolo) a rappelé que le débat sur l’opportunité d’aménager de nouvelles tours était apparu en 2009, par le biais d’une étude universitaire et lors d’un colloque organisé en 2010. “La tour entretient un rapport paradoxal à la densité: en fait, le plus dense est l’immeuble ‘haussmannien’ rez +5 étages“, a-t-elle poursuivi dans une analyse partagée, sur ce point par d’autres intervenants. D’après cette analyse partagée par des experts immobiliers, la construction de tours ne répond pas nécessairement au défi de la densité urbaine car celles-ci nécessitent des zones de dégagement au sol plus importantes.

Respecter certaines conditions

Delphine Chabbert (PS) n’est pas opposée a priori à la construction de tours si cela respecte certaines conditions dont celle de l’accessibilité des plus précarisés dans ces ensembles. Leur prix au m2 est en effet plus élevé. Aux yeux de la socialiste, l’impact du PAD Loi en termes de perspectives n’est “pas la plus inadéquate“. Dans l’opposition, Gaëtan Van Goidsenhoven et Geoffroy Comans de Brachène (MR) ont déploré qu’il n’y avait jusqu’ici pas eu de véritable débat sur la densité et la verticalité. Il importe d’aborder cette question à l’échelle métropolitaine.

Au niveau bruxellois, la majorité est fragmentée sur le développement de la ville. Comme Céline Fremault (cdh), le premier s’est demandé s’il ne faudrait pas “enfermer la majorité dans une tour” pour qu’elle s’en sorte. Comme Delphine Chabbert, Pascal Smet s’en est référé à la déclaration du gouvernement bruxellois. Celle-ci indique que “la stratégie de densification intégrera également une vision concernant les immeubles de grande hauteur, en étant vigilante à ce que ces immeubles s’intègrent le plus qualitativement possible dans leur environnement (attention aux impacts visuels de loin, à l’intégration des socles dans le contexte urbanistique local et aux impacts environnementaux spécifiques comme ceux sur la lumière et les flux d’air)“. Pour le reste, ce sont des engagements des gouvernements antérieurs qui autorisent à certains endroits de construire des tours, à la porte de Ninove, près de la gare du midi et dans le quartier nord, a souligné le secrétaire d’Etat, partisan de gestes architecturaux dont Bruxelles a été privée au cours des dernières décennies, même pour “la grosse Berta”.

Belga

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02 décembre 2019 - 19h24