Accueil des migrants : une majorité s’oppose au MR lors de votes contre le fédéral au Parlement francophone bruxellois

S’estimant peu écoutée à l’échelon fédéral où elle siège dans l’opposition, une large majorité francophone a donné de la voix vendredi à Bruxelles au parlement francophone bruxellois dans le dossier de l’accueil des migrants en adoptant deux propositions de résolution relatives à des questions demeurant vivaces dans l’actualité.

Le MR est ainsi apparu une nouvelle fois isolé sur l’échiquier politique francophone lors d’un vote au cours duquel les Verts et le PTB (opposition) et les trois partenaires de la majorité bruxelloise (PS, DéFI, cdH) se sont exprimés comme un seul homme en faveur des textes élaborés, à l’initiative de Joëlle Milquet (cdH), et de Simone Susskind (PS), et co-signés par des député(e)s DéFI, et Ecolo.

La première résolution adoptée vise à manifester l’opposition à la décision du gouvernement fédéral d’enfermer certaines familles accompagnées d’enfants au centre 127 bis. La seconde soutient “la délivrance facilitée de visas humanitaires, la non-criminalisation de la solidarité citoyenne et une politique migratoire solidaire durable et démocratique”.

Détention des familles

Joëlle Milquet a notamment rappelé que l’arrêté royal du 22 juillet dernier réinstaurant la détention des familles dans la nouvelle extension du centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel après une période de renoncement liée à trois condamnations de la Belgique par la Cour européenne des Droits de l’Homme, portait clairement une atteinte aux droits de l’enfant. Celui-ci est garanti par la Convention générale des Droits de l’Enfant, par l’article 22 bis de la Constitution belge et par l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’homme, a-t-elle rappelé.

De plus, en faisant d’une exception, la règle, l’arrêté royal dénature la loi de 2011, laquelle prévoit ce type de mesure en dernier ressort, a-t-elle notamment dit.
Les intervenants des autres formations d’une majorité considérablement élargie sur le sujet ont abondé dans le même sens, même si du côté d’Ecolo et du PTB, il s’en est trouvé pour dire que la loi de 2011 avait entrouvert la porte de la situation actuelle.

Le MR se défend

Pour le MR, ce n’est pas la première fois que le parlement francophone bruxellois se transforme en caisse de résonance des débats fédéraux. Le chef du groupe libéral, Gaëtan Van Goidsenhoven a souligné, chiffres à l’appui, que le gouvernement fédéral actuel délivrait plus de visas humanitaires que les précédents.

À ses yeux, l’esprit de la résolution dépeint, à tort, dans de nombreux considérants, l’inaction des autorités compétentes qui assument, selon lui, pleinement leurs engagements dans l’accueil des migrants, la volonté n’ayant jamais été de criminaliser les personnes visées.

Il a par ailleurs jugé les unités d’habitations familiales au 127 bis indispensables pour parachever la politique de retour des familles en séjour illégal qui refusent de retourner dans leur pays d’origine, malgré les ordres de quitter le territoire. Le recours à celles-ci est entouré de balises strictes, a-t-il ajouté en substance.

En ce qui concerne la résolution relative aux visas humanitaires, Gaëtan Van Goidsenhoven a précisé que le MR ne tournait pas le dos aux obligations internationales en termes d’asile et de migration, mais que les flux devaient être mieux encadrés par des règles claires.

Avec Belga – Photo : illustration Belga

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16 novembre 2018 - 15h39