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Le professeur Samuel Furfari de l’ULB est-il climatosceptique?

ULB

Bien connu des médias, Samuel Furfari est professeur de géopolitique de l’énergie à l’ULB. Il prend souvent position sur la question du climat en tenant des propos qui vont à contre-courant. Aujourd’hui, les autorités de l’Ecole polytechnique (ULB) où il enseigne sont directement interpellées par plusieurs cercles d’étudiants (le Cercle du Libre Examen, le Cercle Polytechnique, le Bureau des Etudiants de Polytechnique, le Cercle des Sciences et le Cercle des Bioingénieurs).

Lettre ouverte 

Après une campagne d’affichage dans les couloirs de l’école polytechnique de Bruxelles (ULB) pour dénoncer “la teneur climatosceptique des propos d’un professeur” plusieurs cercles d’étudiants ont envoyé une lettre ouverte aux autorités académiques de l’Université Libre de Bruxelles ainsi qu’au doyen et au vice-doyen de l’Ecole polytechnique (lien ci-dessous).

Nous souhaitons susciter le débat et entamer une discussion avec les autorités académiques et facultaires à ce propos” peut-on y lire. S’en suit une dizaine de pages qui tend à mettre en avant les “défauts scientifiques du cours dispensés par Pr. Furfari” à propos de l’évolution climatique et des conséquences que cela peut avoir dans la formation des étudiants et des étudiantes en ingénierie.

“Ce sont des phénomènes qui ont toujours existé”

Les propos tenus par le professeur Samuel Furfari dans l’émission “C’est pas tous les jours dimanche” sur RTL le 20 septembre dernier ont fait réagir certains étudiants et a été une sorte de déclencheur. Ce jour-là, face notamment à Jean-Pascal Van Ypersele, professeur de climatologie à l’UCLouvain et ancien président du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), Samuel Furfari semble banaliser le réchauffement climatique en avançant que le climat a toujours changé : “Ce sont des phénomènes qui ont toujours existé. La température a toujours augmenté, diminué, etc. Il y a eu une période dans l’histoire de notre terre où il y avait 25 fois plus de CO2 qu’aujourd’hui. Et les océans n’ont pas bouilli.

Des slides qui font débat

Les étudiants se sont ensuite penchés sur le cours donné par le professeur Samuel Furfari à l’ULB. Et en épinglant dans le détail, ce qui ressort de l’un ou l’autre slide, ils dénoncent des propos qui évoquent une “dictature écologique”, tentent de décrédibiliser le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ou encore qui nient, disent-ils, l’existence de l’effet de serre.

L’Ecole polytechnique ne cautionne pas

Dans un communiqué, l’Ecole polytechnique de Bruxelles (EPB), directement interpellée par les étudiants, “ne cautionne aucunement les propos tenus par M. Furfari, en dehors du mandat qui lui est confié, concernant le réchauffement climatique” mais elle réaffirme le principe de la liberté académique:  “Le principe de liberté académique suppose de garantir à chaque enseignant une liberté  d’opinion, y compris dans le cadre de ses enseignements.” Le communiqué précise encore : “s’il apparaît clairement qu’un·e enseignant·e s’oppose à la déontologie scientifique et aux  valeurs défendues par l’ULB, l’EPB se réserve le droit de prendre toute mesure adéquate.

Nous avons pu joindre par téléphone Anémone Hubaut, responsable communication de l’Ecole polytechnique de Bruxelles. Elle reconnaît que “l’ULB est connue pour être un lieu de débat contradictoire.” L’Ecole polytechnique va maintenant prendre le temps d’analyser les choses. “Il nous semble juste important de réaffirmer notre engagement face au développement durable” ajoute-t-elle.

Des étudiants pris à partie

Dans un post commun sur leur page Facebook, les Cercles du Libre Examen, de Polytechnique et le Bureau des Etudiants de Polytechnique de l’ULB, à l’origine de la lettre ouverte, dénoncent que des étudiants et des étudiantes signataires soient personnellement pris à partie. Même chose pour certains professeurs  qui ont affiché leur soutien. Et de préciser “cette lettre structurée, argumentée et référencée entre dans le cadre de notre mission d’insuffler un débat libre et serein au sein de notre campus.

Lors d’un bref échange sur Messenger, une étudiante nous signale que “cette lettre a été signée au nom des cercles de l’ULB afin de protéger les étudiants des attaques ad hominem (harcèlement et menaces par téléphone) qui sévissent déjà.

Les cercles concluent “Face à la contre information, nous répondrons par des faits. Face à la haine et la violence de quelques-un.e.s, nous riposterons par la mobilisation générale et la solidarité.” 

Nous avons tenté de joindre Samuel Furfari, sans succès à l’heure de boucler cet article. A nos confrères de Vivacité, il s’est dit “calomnié et gravement diffamé.” Il a demandé les services d’un avocat.

Retrouvez la lettre ouverte ici 

Valérie Leclercq

 

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15 octobre 2020 - 22h48
Modifié le 16 octobre 2020 - 09h44