Rue de la Loi : Bruxelles a bouclé ses négociations, aux autres niveaux de pouvoir de s’en inspirer (J+52)

Il y eut encore une nuit presque blanche (jusque 3h30 du matin), avec des crispations de dernière minute sur la répartition des compétences (réglées dans un dernier déjeuner dans un lieu tenu secret alors que la presse attendait devant le cabinet Vervoort, une habile fausse piste glissée aux journalistes).

Finalement, ce mercredi 17 juillet, vers 14h, les négociateurs bruxellois sont parvenus à un accord global pour former le prochain gouvernement de la Région bruxelloise. Un texte présenté dans les grandes lignes lors d’une conférence de presse avant qu’une copie ne soit adressée aux parlementaires dans la soirée. Un accord de gouvernement, c’est le résultat d’une tractation, un équilibre entre six formations. On trouve donc dans ce projet des accents pour ces six formations. 125 pages divisées en 3 axes, dont un sur le climat et l’environnement, qui tient donc compte de la percée électorale d’Ecolo, côté francophone, et de Groen, côté flamand. Pêle-mêle, les zones 30 généralisées sauf sur les grands axes, un cadre règlementaire pour les trottinettes et les vélos partagés, l’extension du métro bien sûr, le bus 71 qui deviendra un bus électrique à grande capacité. Le document évoque 3 lignes de tram entièrement nouvelles, mais aussi la prolongation de 3 lignes existantes, et la tramification des bus 95 et 49. Au total, 8 lignes de tram. La STIB deviendra  gratuite pour les moins de 25 ans et les plus de 65 ans à partir de 2020. Les moteurs diesel devraient être interdits au plus tard pour 2030.

Du coté des thèmes chers aux socialistes, il y avait le logement : le gouvernement s’engage à trouver un solution pour 15 000 familles en attente de logement social. En matière de chômage, la garantie jeunes, qui est donc l’obligation de proposer un stage ou une formation dans les 6 mois, ne sera plus réservée aux jeunes, elle sera étendue à tous les demandeurs d’emploi.

Au delà du contenu, cette négociation conclue dans les temps est aussi un signal adressé aux autres niveaux de pouvoir. On a bien vu ces derniers jours que la présence ou non du MR dans la majorité bruxelloise avait compliqué ces négociations. Mais cela avait aussi eu pour effet de complétement bloquer les discussions que le Parti Socialiste et Ecolo essayaient d’avoir avec le Mouvement Réformateur pour former un gouvernement en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Maintenant que ce point est réglé, ces discussions-là vont pouvoir reprendre. Même si le MR ne va pas être dans les meilleures dispositions pour les aborder. Même chose en Flandre ou au Fédéral. Ces niveaux de pouvoir qui faisaient un peu du surplace ne vont pas pouvoir continuer à rester immobiles. Maintenant que la Région bruxelloise et la Communauté germanophone ont leur gouvernement, l’attention médiatique va se porter sur eux. Il y aura dans les tribunes du 21 juillet deux gouvernements bien installés… et une série d’autres en position instable.

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17 juillet 2019 - 20h45