Le secteur de la santé se mobilise au CHU Saint-Pierre contre les mesures Arizona
Une centaine de manifestantes issue principalement du secteur de la santé se sont rassemblées jeudi matin à l’appel du collectif Bloc obstétrique devant le CHU Saint-Pierre à Bruxelles pour dénoncer les conséquences, selon elles, des mesures du gouvernement Arizona sur l’accès et la qualité des soins, avant de rejoindre la manifestation nationale.
Par cette mobilisation, les travailleuses et travailleurs du collectif Bloc obstétrique disent vouloir alerter sur les conséquences des mesures “Arizona” sur “l’accès, la qualité, l’inclusivité et l’équité des soins“. L’action s’inscrit dans la grève nationale de jeudi et fait suite, selon le collectif, aux mobilisations d’octobre, marquées par “90% des sages-femmes en grève“, ainsi qu’à un piquet de grève de 36 heures fin novembre.
■Reportage d’Alice Dulczewski
Les soignantes et les soignants dénoncent un désinvestissement des services publics et des soins de santé. Ils estiment que les coupes annoncées menacent l’accessibilité aux soins, en particulier pour les femmes et les personnes sans titre de séjour, et mettent en danger la qualité des prises en charge, avec des suppressions de lits et de postes dans leur service. “On veut que les soins puissent continuer à être équitables, inclusifs, accessibles”, a souligné Clémence Bertouille, sage-femme et membre du collectif Bloc obstétrique.
Selon cette dernière, “le contexte financier des hôpitaux est déjà sous tension depuis des années” et la pandémie de Covid-19 a encore aggravé la situation. Elle a plaidé pour un refinancement du secteur, en estimant que les équipes travaillaient déjà “à flux tendus”. “On sent que les équipes sont fatiguées” et qu’elles portent “toujours plus sur leurs épaules la responsabilité de la qualité des soins”, a-t-elle ajouté, en insistant sur le fait que les soignants ne feraient “aucune concession” sur cette qualité.
Présente au rassemblement, Marie Pissoort, assistante en médecine générale et membre du collectif Santé en lutte, a souligné que les mesures de l’Arizona avaient “un impact direct sur tous les secteurs”, en raison d’une même logique d’“austérité”, de dégradation des conditions de travail et de précarisation de la population. Selon elle, les effets se font déjà sentir à travers le manque de personnel et la fermeture de plusieurs structures sociales et de santé offrant un accès aux soins.
Marie Pissoort a estimé que ces fermetures risquaient de reporter davantage de patients vers les urgences du CHU Saint-Pierre. C’est aussi pour cette raison que les différents collectifs ont choisi de se rassembler devant cet hôpital, considéré comme un lieu central pour l’accueil des personnes les plus vulnérables. Le rendez-vous était donné dès 08h00 devant l’entrée principale de l’hôpital, rue aux Laines, à l’appel du collectif Bloc obstétrique. Le groupe a ensuite pris la direction de la clinique Saint-Jean, boulevard du Jardin Botanique, pour rejoindre le cortège en bloc interprofessionnel avec notamment les pompiers, les collectifs Santé en lutte et École en lutte, et des représentants des centres PMS.
Plus de 100.000 personnes sont réunies jeudi dans les rues de Bruxelles à l’occasion de la manifestation nationale contre les mesures du gouvernement fédéral, a revendiqué Bert Engelaar, président de la FGTB, lors d’une prise de parole.
Belga