Essor des newsfluenceurs : ” Seulement 28 % des Belges francophones font encore confiance aux médias traditionnels ! “
Les réseaux sociaux prennent une place de plus en plus importante dans nos vies. Ils sont devenus des espaces de divertissement, mais aussi des sources d’information. Cette évolution représente-t-elle un risque pour le métier de journaliste ? Et comment la profession s’adapte-t-elle à ces nouvelles habitudes ? On en parle avec Xavier Degraux, consultant et formateur en réseaux sociaux, et Philippe Laloux, journaliste et enseignant.
Depuis l’essor des réseaux sociaux, notre manière de nous informer a profondément évolué. De nombreuses personnes, en particulier les plus jeunes, privilégient désormais TikTok, Instagram ou encore YouTube pour suivre l’actualité.
Pour nos deux invités, ce changement n’est pas problématique en soi, à condition que les réseaux sociaux restent une porte d’entrée vers une information plus complète.
« Comment les jeunes de 15 ans s’informaient-ils il y a 50 ans ? Est-ce qu’ils lisaient les journaux ? Je ne pense pas. Les réseaux sociaux sont une véritable porte d’entrée vers l’information. Les newsfluenceurs font parfois des choses excellentes. En revanche, lorsqu’on grandit, qu’on entre dans la vie active, vers 25 ou 30 ans, on a sans doute besoin d’une information plus éditorialisée », explique Philippe Laloux.
Mais cette évolution s’accompagne aussi d’une perte de confiance envers les médias traditionnels.
« Seulement 28 % des Belges francophones ont encore confiance dans les médias. Il y a donc un véritable décrochage sur lequel il faut s’interroger », souligne Xavier Degraux.
Pourquoi ce désintérêt ? Pour certains, les médias sont devenus trop anxiogènes, à force de mettre en avant les crises, les conflits ou les faits divers.
Pour Philippe Laloux : « La vraie question, c’est : à quoi sert un journaliste ? Est-il là pour annoncer que le train est en retard ou pour annoncer qu’il est à l’heure ? C’est la nature même du journalisme d’aller gratter, de révéler, d’être le quatrième pouvoir. En réalité, c’est peut-être la société qui est devenue anxiogène. »
Pour le journaliste, ce qui distingue encore la profession aujourd’hui, ce n’est pas le canal de diffusion, mais le travail de fond : vérifier les faits, les décrypter, les mettre en perspective et fournir une information utile à la société.