Métiers en pénurie, aide à l’emploi, chômage, Horeca : retour sur le débat “Travailler à Bruxelles”

Ce mardi 28 mai, c’est à la table de Michel Geyer qu’étaient conviés Francis Dagrin (PTB), Alain De Neef (Les Engagés), Barbara Trachte (Ecolo), Olivier Willocx (MR), Myriem Amrani (PS) et Alexandra Philippe (DéFI). 

L’occasion d’entendre ces six représentants de partis francophones, candidats à la Région bruxelloise pour les élections du 9 juin 2024, sur des questions d’économie et de travail.  

Voici ce qu’il faut retenir de ce débat :

Sur la question des métiers en pénurie 

  • Pour DéFI , l’accent est mis sur la formation des demandeurs d’emploi en encourageant une orientation vers les métiers en pénurie.  
  • Pareil pour Ecolo mais ils misent aussi sur le qualifiant dans l’enseignement secondaire. La formation doit rediriger vers les métiers de la transition et les secteurs non-délocalisables, ainsi que revaloriser des métiers du care. 
  • Le PS s’accorde sur l’importance d’orienter l’enseignement secondaire de qualification et de continuer à investir dans la formation des demandeurs d’emploi. Il faut aussi agir sur la pénibilité du travail, notamment dans les secteurs liés au soin. 
  • Les Engagés proposent une formation courte et ciblée à donner dans le secteur des métiers en pénurie et à favoriser les formations en alternance. 
  • Au MR, on encourage aussi des parcours pour reboucher les secteurs de pénurie. 
  • Enfin pour le PTB, il faut augmenter les moyens d’Actiris en engageant plus d’accompagnateurs. Ils mettent également l’accent sur l’amélioration des conditions de travail pour rendre les secteurs en pénurie plus attractifs et faire face à moins d’abandon après l’entrée dans le monde professionnel dû à la pénibilité de la fonction. 

Les invités à la table de Michel Geyer se sont aussi interrogés sur le remaniement des institutions d’aide à l’emploi 

  • Pour le PTB, il faut intégrer Bruxelles Formation et VAB Brussel à Actiris, en réformant tout le système d’aide à l’emploi. 
  • Une réforme d’Actiris que défend également Les Engagés et le MR pour permettre une meilleure coopération entre les deux acteurs. 
  • Quant au PS, Myriem Amrani défend le maintien de deux entités pour permettre plus de lisibilité pour les demandeurs d’emploi qui ont identifié Actiris comme accompagnateur et Bruxelles Formation comme formateur. Pour le Parti Socialiste, Actiris rencontre des difficultés dans ses missions car le secteur privé ne collabore pas dans les plans d’embauche. Ils entendent encourager les grosses entreprises à s’impliquer avec Actiris dans la réinsertion des demandeurs d’emplois. 
  • Pour DéFI, il n’est pas nécessaire d’opter pour fusion d’Actiris et de Bruxelles Formation mais il faut œuvrer pour un lien plus rapide et plus efficace entre les deux opérateurs. La rationalisation de la coopération et une évaluation des pratiques et des objectifs sont nécessaires. 

Quelles mesures pour un taux d’emploi plus important ? 

De manière générale, tous les partis mettent l’accent sur la formation. 

  • DéFI souhaite qu’un demandeur d’emploi entame une formation après un an de recherche d’emploi. Le parti propose aussi de continuer la mise en place d’un bilan de compétences et rediriger les demandeurs d’emploi vers une secteur qui leur correspondrait vraiment. Ils mettent également la priorité sur l’activation des jeunes à l’emploi. 
  • Le PTB se focalise à nouveau sur l’importance de rendre les conditions de travail moins pénibles et de baisser l’âge de départ à la retraite. Françis Dagrin met également l’accent sur les formations mais ne défend pas les sanctions qui peuvent être accepté si un demandeur d’emploi refuse une formation ou un emploi. Il faut choisir son secteur, il en va des droits humains. Enfin, la STIB pourrait participer à un nouveau boom d’emplois : en investissant davantage dans la fréquence des transports, le PTB augmenterait le nombre de travailleurs. 
  • Chez Ecolo, il y a de l’emploi dans les secteurs de demain, qu’il faut promouvoir à travers des politiques d’emploi et de formation. Ces secteurs tels que la construction, la santé, le culturel et l’alimentation cochent aussi la case de la transition. 
  • Le PS fait de sa priorité la lutte contre ce qui fait obstacle à l’emploi, comme la garde des enfants, les transports publics et d’autres aspects pratiques. Le parti évoque aussi l’importance d’octroyer un permis de travail et un statut stable aux travailleurs sans papier. 
  • La solution pour Les Engagés est d’accompagner les jeunes pour une remise à l’emploi grâce à un mentorat. Il est essentiel aussi de mettre en avant d’autres types de formations, davantage dans le numérique. Il faut également concentrer de nouveaux efforts sur l’apprentissage du néerlandais.  
  • Enfin au MR, la question de la sanction si refus d’une formation ou d’un emploi est ambiguë. Il faut essayer au maximum de valoriser l’apprentissage. 
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Comment faire de Bruxelles une région attractive pour les entreprises et créer de l’emploi ? 

  • Pour le MR, la politique à Bruxelles a fait fuir les entreprises. On n’a pas voulu mobiliser les terrains disponibles. On en a et il faut une nouvelle stratégique économique. 
  • Pour le PS, les délocalisations sont naturelles, il s’agit de la loi du marché. 
  • Ecolo est favorable aux entreprises car cela nous permet une indépendance sur les produits de première nécessité et de limiter les importations distantes. Elles restent souvent actives à Bruxelles mais se déplacent à cause des loyers ou du prix des terrains : il faut les encourager à rester localisés dans la Région ou dans sur les territoires acquis. 
  • Les Engagés rappellent que beaucoup d’entreprises sont créés à Bruxelles. Il faut donc limiter les raisons des départs et encourager, entre autres fiscalement. Pour Alain Deneef il faut se donner les moyens de développer une scène de la tech et donner plus de moyens aux jeunes. 
  • DéFI considère que Bruxelles est victime de problèmes fédéraux, notamment la lenteur à réformer la fiscalité. Le parti entend apporter du soutien aux travailleurs victimes de la délocalisation de leur entreprise. 

Francis Dagrin (PTB), Alain De Neef (Les Engagés), Barbara Trachte (Ecolo), Olivier Willocx (MR), Myriem Amrani (PS) et Alexandra Philippe (DéFI) ont également répondu aux enjeux concernant le secteur de l’Horeca, qui traverse de grandes difficultés économiques 

  • Le PTB soutient une régularisation des loyers pour l’Horeca. 
  • Les Engagés propose un abaissement du taux de TVA à 6 % hors boissons alcoolisés. 
  • Pour MR, il faut une défiscalisation des pourboires et former davantage au secteur dans les filières qualifiantes. 
  • Le PS pense que la Formation Professionnelle Individuelle en entreprise (FPIE) peut collaborer avec l’Horeca pour former des travailleurs. 
  • Ecolo revient avec l’importance de méthodes attractives, de simplifier l’accès aux personnes qui veulent travailler mais sont empêchés par problème d’équivalence de diplôme. Le parti défend la régularisation des personnes sans papier qui combleraient aussi les métiers en pénurie. 
  • Défi se concentre sur la formation et l’amélioration des conditions de travail. 

Enfin, les 6 partis s’accordent pour condamner et lutter contre les discriminations à l’emploi et travailler à la sensibilisation des employeurs. 

D’autres sujets ont été abordé ce mardi 28 mai, notamment l’embauche des travailleurs de plus de 50 ans. Retrouvez-le replay de l’entièreté du débat sur BX1. 

Le prochain RDV est déjà ce mercredi 29 mai, à 18h30 : Paul Germain accueille les têtes de listes européennes pour un nouveau débat : Marc Botenga (PTB), Saskia Bricmont (Ecolo), Elio Di Rupo (PS), Fabrice Van Dorpe (DéFI), Yvan Verougstraete (Les Engagés) et Sophie Wilmès (MR) seront présents. A suivre en TV, radio et sur le web. 

Dernière ligne droite avant le scrutin du 9 juin: suivez les élections avec BX1

 

 

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29 mai 2024 - 12h44
Modifié le 29 mai 2024 - 12h57