Procès Abdeslam: le parquet ne croit pas que seul Belkaid ait visé les policiers

Le procureur fédéral Kathleen Grosjean a entamé lundi après-midi un long récit de la fusillade survenue rue du Dries, le 15 mars 2016. Le fait que seul Mohamed Belkaid ait ouvert le feu sur les policiers, comme le soutient Sofien Ayari, n’est pas crédible, selon elle. Pour le procureur, c’est lui qui est l’autre tireur auquel ont été confrontés les policiers.

Deux fusils pour un seul tireur

Les deux fusils d’assaut utilisés lors des échanges de tirs entre les occupants de l’appartement de la rue du Dries et les forces de l’ordre sont des “armes de guerre” qui nécessitent d’être tenues à deux mains, a souligné le procureur. Elle estime qu’il n’est dès lors pas possible qu’un seul homme ait utilisé les deux fusils. En outre, la version de Sofien Ayari ne correspond pas à ce qu’ont vu les agents qui sont intervenus, à savoir un homme avec une arme, a ajouté Mme Grosjean.

Mohamed Belkaid abattu

Le jour des faits, huit policiers de l’équipe mixte belgo-française se sont présentés à la porte de l’appartement à 14h15 pour y mener une perquisition. Immédiatement pris pour cible alors qu’ils pensaient le logement vide, trois d’entre eux seront blessés dans ce premier échange de tirs.

Peu avant 17h00, des grenades seront jetées dans l’appartement. Une heure plus tard, Mohamed Belkaid sera abattu par un tireur d’élite. Un incendie qui s’est déclaré à cause des grenades nécessitera l’intervention des pompiers.

21 douilles découvertes dans l’appartement

Une fois les flammes éteintes, le corps de Mohamed Belkaid sera retrouvé. A côté de lui se trouvait un fusil mitrailleur qui a été utilisé pour tirer à douze reprises. Huit autres chargeurs seront retrouvés dans une armoire. Au total, 21 douilles seront découvertes dans l’appartement et sur le palier.

La cavale d’Ayari et Abdeslam

Entre les deux échanges de tirs, Salah Abdeslam et Sofien Ayari se sont enfuis par la porte arrière de l’appartement, qui donne sur le toit d’une habitation. Cette échappée peut être fixée à 14h30 grâce à une vidéo filmée par un témoin, qui précisera que l’un des fuyards était barbu et armé.

Les deux hommes pénétreront dans une habitation pour sortir par la porte d’entrée. Leur fuite, à pied, passera ensuite par Anderlecht, Molenbeek et Koekelberg, selon les bornes activées par leur GSM.

L’ADN de Sofien Ayari sur un arme retrouvée près de la rue du Dries

L’arme qu’ils avaient emmenée sera retrouvée dans un bâtiment proche de la rue du Dries. Cette arme, qui a été utilisée pour tirer huit coups, portait l’ADN de Sofien Ayari. Vu qu’ils savaient tous les deux que des armes étaient présentes dans la planque et qu’ils étaient prêts à les utiliser, ils doivent être considérés comme co-auteurs, estime le procureur.

Belga.

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05 février 2018 - 15h57
Modifié le 06 février 2018 - 07h03