“La sécurité n’est pas un luxe”: les pompiers interpellent le monde politique bruxellois
Partis en matinée de la caserne de l’avenue de l’Héliport à Bruxelles, les pompiers bruxellois ont marqué un arrêt jeudi devant le Parlement bruxellois avant de poursuivre leur action vers la Fondation universitaire, rue d’Egmont à Bruxelles, où les partis négocient la formation d’un futur gouvernement régional. En tenue d’intervention complète, ils ont voulu interpeller directement les responsables politiques sur le manque structurel de personnel et les moyens jugés insuffisants pour garantir la sécurité publique.
Un important dispositif policier était déployé rue du Lombard, aux abords du Parlement : six combis de police, des dizaines d’agents en tenue d’intervention, équipés notamment de gaz lacrymogène, du fil barbelé avait même été installé. L’action, elle, est restée globalement calme, malgré quelques pétards. Après ce passage, les quelque 200 pompiers ont rejoint la Fondation universitaire, où ils sont arrivés vers midi. La mobilisation s’inscrit dans la continuité de la grève du 31 décembre. Les organisations syndicales dénoncent un manque structurel de personnel et réclament une augmentation du cadre de 200 agents. Le cadre officiel compte environ 1.200 membres et est administrativement rempli, mais les syndicats estiment qu’il ne correspond plus aux besoins réels.
■ Reportage de Jamila Saidi M’Rabet et Yannick Vangansbeek
“Le cadre est complet en théorie, pour l’autorité. À notre sens, il ne correspond plus à la réalité du terrain“, a expliqué Pierre Adams, adjudant au SIAMU et responsable de la délégation syndicale CGSP/ACOD. Il souligne l’augmentation des missions d’incendie et de secours à personne dans un environnement urbain dense où “un incident peut vite dégénérer“, nécessitant davantage d’effectifs pour assurer la sécurité jour et nuit.
Frédéric Leroy, mandataire permanent SLFP Pompiers Bruxelles, évoque des équipes “fatiguées” et un déficit d'”environ 200 personnes“. Selon lui, les sorties ambulances sont en hausse et représentent une charge importante, accentuée par la présence quotidienne de nombreux navetteurs dans la capitale.
Julie Happaerts, secrétaire permanente CSC Pompiers, rappelle que les avertissements “ne datent pas d’hier“. Selon le front commun, cela fait dix ans que la charge de travail augmente et cinq ans que les représentants du personnel alertent sur leur propre sécurité. “Aujourd’hui, c’est même la sécurité de la population que nous protégeons chaque jour qui n’est plus garantie“, estime-t-elle.
Les syndicats dénoncent également un contraste budgétaire. Selon eux, des moyens sont dégagés pour des projets qualifiés de “prestigieux”, comme Kanal-Centre Pompidou, alors que les investissements jugés indispensables dans la sécurité, le personnel et les services d’aide urgente restent insuffisants. ‘La sécurité n’est pas un luxe. La sécurité est un droit fondamental’, rappellent-ils.
Une réunion s’est tenue le 27 janvier avec la secrétaire d’État bruxelloise Ans Persoons, qui s’est engagée à demander un budget spécifique, évoqué à 3,2 millions d’euros, pour renforcer l’effectif du SIAMU. Dans un contexte d’affaires courantes, les syndicats doutent toutefois de la concrétisation rapide de cette demande et affirment rester “en état d’alerte”.
La mobilisation s’inscrit dans la continuité de la grève du 31 décembre. Les organisations syndicales dénoncent un manque structurel de personnel et réclament une augmentation du cadre de 200 agents. Le cadre officiel compte environ 1.200 membres et est administrativement rempli, mais les syndicats estiment qu’il ne correspond plus aux besoins réels.
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“Le cadre est complet en théorie, pour l’autorité. À notre sens, il ne correspond plus à la réalité du terrain“, a expliqué Pierre Adams, adjudant au SIAMU et responsable de la délégation syndicale CGSP/ACOD. Il souligne l’augmentation des missions d’incendie et de secours à personne dans un environnement urbain dense où “un incident peut vite dégénérer“, nécessitant davantage d’effectifs pour assurer la sécurité jour et nuit.
Une réunion s’est tenue le 27 janvier avec la secrétaire d’État bruxelloise Ans Persoons, qui s’est engagée à demander un budget spécifique, évoqué à 3,2 millions d’euros, pour renforcer l’effectif du SIAMU.
Belga – Photo : BX1