“On ne peut pas se déclarer vaincus” : les syndicats enseignants promettent de poursuivre les mobilisations
Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles poursuit sa réforme de l’enseignement, la contestation reste vive sur le terrain. Invités de Bonsoir Bruxelles, Luc Toussaint, président de la CGSP Enseignement, et Thierry Dethier, membre du collectif Mars Attack, ont dénoncé des mesures qu’ils jugent “injustes” et particulièrement pénalisantes pour les enseignants et les élèves les plus fragiles.
Depuis plusieurs semaines, le collectif Mars Attack appelle à des mouvements de grève chaque mercredi pour protester contre les réformes portées par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une mobilisation qui pourrait encore s’intensifier à l’approche du 27 mai, date à laquelle le deuxième volet de la réforme doit être voté.
Parmi les mesures contestées figurent notamment l’augmentation de 10 % du temps de travail dans le secondaire supérieur, la remise en cause du système de nomination des enseignants ou encore la suppression progressive des repas scolaires gratuits dans certaines écoles, au nom des économies budgétaires.
Pour Luc Toussaint, la contestation est loin d’être terminée. Le président de la CGSP Enseignement estime que le gouvernement a sous-estimé l’ampleur du mécontentement. “On voit que ça se passe de manière moins facile que le gouvernement ne l’avait prévu“, affirme-t-il. Malgré le calendrier politique, il refuse de considérer le combat comme perdu : “Même si le budget est voté, je pense qu’il peut encore y avoir une prise de conscience de la population“. Le responsable syndical appelle à maintenir la pression sur le monde politique et espère un sursaut de l’opinion publique : “On ne baisse pas les bras. On ne peut pas se déclarer vaincus“, insiste-t-il.
Du côté du collectif Mars Attack, Thierry Dethier estime que le débat public s’est trop focalisé sur la question des “22 heures” de cours dans le secondaire supérieur, au détriment des enjeux sociaux plus larges. “Les médias ont beaucoup insisté sur les 22 heures et c’est clairement un problème, mais pas suffisamment sur le fait qu’on tente d’éponger le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le dos des travailleurs“, déplore-t-il.
Le collectif critique également la méthode politique employée autour de cette réforme. Thierry Dethier explique avoir demandé à être auditionné en commission de l’Enseignement au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sans succès. Selon lui, plusieurs acteurs de terrain ont été écartés du débat, y compris la Fondation Roi Baudouin qui souhaitait alerter sur les conséquences de la fin des repas gratuits dans certaines écoles primaires à indice socio-économique faible.
Pour le collectif, ces mesures touchent d’abord les publics les plus précaires : “On vise surtout les publics les plus faibles “, affirme Thierry Dethier, qui rappelle que l’école devrait rester “un lieu qui donne une chance à tout le monde“.
Au-delà des critiques, les invités pointent également le sous-financement chronique de l’enseignement francophone. Selon eux, la Fédération Wallonie-Bruxelles manque de moyens structurels et le gouvernement devrait davantage défendre ce dossier au niveau fédéral. “Nos ministres, Valérie Glatigny et Elisabeth Degryse, devraient nous défendre au fédéral pour obtenir un refinancement”, estime encore Thierry Dethier.
À deux semaines du vote du second volet de la réforme, la pression sociale reste donc importante dans les écoles francophones. Syndicats et collectifs assurent déjà qu’ils continueront à se mobiliser dans les prochaines semaines.
► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h
■ Une interview de Luc Toussaint et Thierry De Thiers au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelle