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“On est clairement au bord de la rupture” : les syndicats maintiennent la pression à quelques semaines des examens

Les syndicats de l’Enseignement et les directions ont prolongé leur préavis de grève jusqu’au 10 juillet. Une décision qui intervient alors que les examens de fin d’année approchent dans les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Fabrice Pinna, permanent de la CSC enseignement, Patrick Lenaerts, directeur de l’Enseignement secondaire au SEGEC et Luiza Duraki, échevine de l’Enseignement à Anderlecht (PS)  étaient les invités de Bonsoir Bruxelles ce vendredi pour discuter des conditions dans lesquelles auront lieu les examens.

Le mouvement de grève des enseignants, lancé il y a plus de dix jours, devait initialement prendre fin le 27 mai, après le vote du décret-programme porté par la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny. Mais le calendrier politique a été bouleversé. Le vote a finalement été reporté à la suite d’une demande d’avis au Conseil d’État et du dépôt d’amendements par l’opposition.

Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs établissements : fermetures ponctuelles, absences d’enseignants et retards dans la matière. À quelques semaines des examens, de nombreux élèves s’interrogent sur les conditions dans lesquelles se déroulera cette fin d’année scolaire. Pour l’heure, les examens externes certificatifs sont maintenus. Le CE1D, destiné aux élèves de deuxième secondaire, se déroulera du 19 au 25 juin. Le CESS, lui, est programmé du 19 au 22 juin. Quant aux examens internes, leur organisation reste à l’appréciation de chaque établissement.

“On a plus le contrôle sur ce qui se passe”

Pour les syndicats, la prolongation du préavis jusqu’au 10 juillet traduit un malaise profond qui dépasse désormais le cadre des organisations syndicales elles-mêmes : “Au niveau des organisations syndicales, on a déposé un préavis qui couvre les actions jusqu’au 10 juillet. Ça veut dire qu’effectivement on peut avoir des actions qui vont se déclencher de manière spontanée un peu partout dans les écoles et à n’importe quel moment et on n’a pas le contrôle “, explique Fabrice Pinna, secrétaire général de la CGSP Enseignement. Selon lui, la colère du terrain a atteint un niveau inédit : “On est arrivé à un stade où on a plus le contrôle sur ce qui se passe au sein des établissements et des équipes. Ça fait des mois qu’on a prévenu le gouvernement que ce contrôle on risquait de le perdre“.

Le représentant syndical tient toutefois à rassurer les familles quant à l’engagement des enseignants : “Il faut rassurer les parents et les élèves et rappeler que les enseignants sont des professionnels et que s’ils rentrent en action dans cette période cruciale c’est parce que c’est leur dernier choix. On a tout fait depuis ces deux dernières années pour perturber l’école le moins possible. Quand on arrive à cette situation-ci, c’est qu’on est clairement au bord de la rupture“.

Les écoles appelées à s’adapter

Du côté des réseaux d’enseignement, le discours se veut plus rassurant. Patrick Lenaerts, directeur général de l’enseignement obligatoire au SeGEC, rappelle que les établissements ont déjà traversé plusieurs crises ces dernières années. “L’école a déjà dû gérer des crises et dans ces moments-là, les équipes pédagogiques et les établissements prennent les meilleures décisions pour les élèves” explique-t-il.

Pour lui, les examens ne constituent qu’un élément parmi d’autres dans l’évaluation des élèves : “Il ne faut pas voir l’examen comme une finalité en soi. La place de l’examen n’est pas la même dans chaque année de l’enseignement. Les éléments de l’évaluation sont évalués tout au long de l’année“.

Le responsable du SeGEC insiste également sur les dispositifs mis en place pour les élèves les plus fragiles : “Ce que je constate, c’est qu’il y a une attention particulière aux élèves en difficulté. Même dans les écoles où l’enseignement est difficilement organisable par les mouvements, il y a des choses mises en place pour les élèves en difficulté“.

À Anderlecht, des matières déjà balisées

Les communes suivent également la situation de près. À Anderlecht, des mesures ont été prises pour limiter l’impact des perturbations sur les élèves.

J’ai pris la peine d’aller dans les écoles, d’écouter tous les professeurs et ils m’ont rassuré qu’ils allaient être bienveillants avec les élèves et on a mis des balises pour les examens“, explique l’échevine de l’Enseignement, Luiza Duraki.

L’élue rappelle toutefois que les pouvoirs locaux ne disposent d’aucune compétence concernant les épreuves certificatives externes. “En tant qu’échevine, je n’ai pas de prérogative pour annuler les épreuves externes” explique-t-elle.

Pour les examens organisés directement par les établissements, une concertation a toutefois permis d’adapter certaines modalités. “Pour les épreuves internes, nous avons, en concertation avec les élèves, les directions et les professeurs, on s’est mis d’accord pour baliser certaines matières. Les élèves seront évalués seulement sur des matières qui ont été vues en cours et non sur ce qui n’a pas été vu” ajoute Luiza Duraki.

À ce stade, le calendrier officiel reste inchangé. Les examens externes doivent débuter normalement à partir du 19 juin.

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 18h20 à 19h

■ Une interview de Fabrice Pinna, Patrick Lenaerts et Luiza Duraki au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles

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