Des militaires dans les gares et les métros bruxellois: “Dire qu’il n’y a aucune base légale, c’est faux”
L’armée patrouille déjà depuis la semaine dernière aux abords de sites juifs à Bruxelles, Anvers et Liège. Cette mesure a été décidée dans la foulée de l’attaque sur la synagogue de Liège, le 9 mars.
Depuis ce vendredi, des militaires sont présents dans certaines stations de métro et gares bruxelloises. L’objectif de ces patrouilles est d’améliorer la sécurité des alentours pour faire face aux conséquences du narcotrafic, de plus en plus présent dans l’espace public. Sur BX1, Bernard Quintin est revenu sur cette information. “Ce sont des patrouilles mixtes, composées de policiers et de militaires. Il y a 45 militaires maximum qui sont déployés et en fonction des discussions, le protocole sera valable pour six mois. Après ce délai, on évaluera la situation.”
Comment cela va-t-il se dérouler ? “La police des chemins de fer est compétente pour toutes les gares, les voies et les stations de métro à Bruxelles. Peuvent-ils sortir des gares ? Ce n’est pas comme la série américaine, “Cours après moi, shérif” où la course-poursuite s’arrêtait dès que la fin du comté était actée. Il y a bien sûr une continuité de l’action policière.”
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Autre question importante : quel sera le degré de compétences des uns et des autres ? “La responsabilité de police reste entre leurs mains. Mais ils sont appuyés par des militaires dans leur travail de patrouille.” Les syndicats critiquent justement ce degré d’engagement. Qui devra s’adresser aux citoyens ? Qui est compétent pour les contrôles d’identité ou pour effectuer des fouilles plus musclées ? “Dans un premier temps, ces actions restent aux mains des policiers. Mais dans le cadre de ces actions, les militaires appuient le travail de la police. Lorsque j’entends les syndicats expliquer qu’il n’y a aucune base légale pour les militaires dans des patrouilles mixtes, je n’ai qu’un mot : c’est faux.”
Pour le ministre de l’Intérieur, des protocoles exceptionnels existent après une opération qui date de 2016. “Nous travaillons aussi sur un codex avec une nouvelle loi pour codifier la manière dont les militaires peuvent intervenir. Ils peuvent évidemment faire usage de la force en cas de légitime défense, comme tout le monde.”
Le libéral a admis aussi qu’il “travaillait sur la création d’un vrai continuum de sécurité au niveau des gares” afin de casser les silos entre Sécurail, la police des chemins de fer et les polices locales. “J’y travaille avec mon collègue Jean-Luc Crucke, entre autres, pour que chaque usager soit en sécurité où qu’il soit.”
L’arrivée de la police ne constitue-t-elle pas tout de même une démonstration d’un manque d’effectif ? “Cela fait 14 mois que je m’emploie à renforcer les effectifs de police, notamment en me basant sur l’attractivité de la profession. Il est important de démontrer que le gouvernement met tout en œuvre pour assurer la sécurité de ses concitoyens. Et si cela passe par du kaki ou du bleu en rue, je n’ai aucun problème avec cela.”
- Une interview de Bernard Quintin par Fabrice Grosfilley dans Bonjour Bruxelles sur BX1