Tension au gouvernement Dilliès autour de la SLRB: “C’est vraiment un mauvais sketch”
Jonathan de Patoul, chef de groupe pour DéFI au Parlement régional bruxellois, était l’invité de Bonsoir Bruxelles.
En début d’interview, le député bruxellois s’est exprimé sur la mobilisation des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles et il préconise une meilleure écoute des revendications du mouvement en cours. “Il faut surtout entendre ce que ces élèves veulent nous dire aujourd’hui. La situation dans les écoles est compliquée. On a une série de réformes brutales qui sont mises en place. Alors sûrement qu’il faut faire des réformes, mais probablement pas de cette manière-là. Les bâtiments scolaires sont dans un état calamiteux, les classes débordent, il manque des profs. Et donc, tous ces jeunes, ils ressentent un stress. Il ne faut pas oublier que depuis le Covid, on a quand même des gros problèmes de santé mentale aussi dans toute cette jeunesse et donc on doit pouvoir les entendre, les écouter. Je leur propose d’ailleurs de contacter les députés, MR et Engagés qui portent ces réformes et qu’ils discutent ensemble.”
Ce jeudi, le gouvernement bruxellois devait valider le versement de 131 millions d’euros pour la recapitalisation de la SLRB mais le MR bloque le dossier. Les deux ministres PS ont donc quitté la table des négociations. Au centre du différend : le dossier de la recapitalisation à hauteur de 131 millions d’euros de la SLRB, inscrite au budget initial de 2026, mais que le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a conditionnée lundi à un pas de côté du président du Foyer anderlechtois Lotfi Mostefa (PS).
“Monsieur Dilliès a beaucoup d’humour, mais là, c’est vraiment un mauvais sketch. Il y a deux jours, on a une déclaration de politique générale où ils nous expliquent que tout va bien, qu’ils s’entendent bien, qu’ils ont un accord sur tout. C’est magnifique (…) Et aujourd’hui, deux jours plus tard, c’est le clash sur cette question de 131 millions d’euros pour la SLRB. Je lui ai posé la question il y a deux jours. Je lui ai demandé : c’est oui ou c’est non ? On m’a dit : c’est oui, c’est non, c’est non, c’est oui. On n’a rien compris. Toujours est-il que s’il n’y a pas d’accord là-dessus. Vous savez ce qu’on dit : s’il n’y a pas d’accord sur tout, il y a un accord sur rien“, déclare le chef de groupe DéFI au Parlement régional.
Code du bien-être animal
Le code du bien-être animal – et la question de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement – constituent depuis longtemps une pomme de discorde politique à Bruxelles où, contrairement à la Flandre et à la Wallonie, ce code n’existe pas encore. Plusieurs partis de l’opposition déplore que le code bruxellois sur le bien-être animal ne figure toujours pas à l’ordre du jour de la commission de l’Environnement du parlement régional. “Dans ce dossier, le MR s’aplatit devant le PS. Le MR n’a pas manifestement mis le code du bien-être animal dans les négociations pour faire un gouvernement, ça c’est très clair. Il refuse depuis deux ans de le mettre à l’agenda de la commission. Je le demande depuis deux ans. Hier, j’ai demandé un vote en commission Environnement pour mettre ce débat à l’ordre du jour. On m’a refusé le vote. Donc démocratiquement, c’est très grave. On ne peut pas parler du bien-être animal dans cette région, manifestement, avec le MR“, regrette Jonathan de Patoul.
■ Vous pouvez revoir l’intégralité de l’interview de Jonathan de Patoul dans la vidéo ci-dessus