“Nous n’avons pas pu rassembler une majorité pour commencer les négociations”: Yvan Verougstraete renonce
La première réunion budgétaire organisée mardi matin par le formateur bruxellois des Engagés Yvan Verougstraete n’aura pas duré longtemps. “Nous n’avons pas pu rassembler une majorité pour commencer les négociations“, a-t-il annoncé avant de remercier son équipe et d’ajouter: “à d’autres de prendre leurs responsabilités“.
Le formateur bruxellois Yvan Verougstraete (Les Engagés) a annoncé ce mardi matin qu’il renonçait à sa mission, à son grand regret, après une heure de réunion avec les partenaires qui avaient fait le déplacement pour ce qui aurait dû être la première séance de négociations d’un budget pour la Régon bruxelloise. En cause, selon lui, l’absence du ministre bruxellois du Budget, le libéral flamand Dirk De Smedt, qui a renoncé à venir, sur injonction de son parti,, après avoir pourtant accepté de le faire il y a quelques jours.
“Face aux nouvelles exigences de l’Open Vld (Anders) et au refus du ministre du Budget de participer aux négociations visant à mettre en place les réformes pourtant indispensables pour relever Bruxelles et la doter d’un budget crédible, nous devons acter que les conditions de la réussite de notre initiative ne sont pas présentes. Après 19 mois de rendez-vous manqués, de tabous et de vetos, c’est l’existence même de la Région qui est en péril“, a déclaré le président des Engagés ne cachant pas sa “frustration” et peinant à masquer son émotion.
Un échec dû à “l’Open Vld qui privilégie un symbole”
S’adressant à la presse présente au Parlement bruxellois, celui-ci n’a pas caché que la majorité qu’il a tenté de mettre en place ne constituait pas son premier choix. Il considère qu’après 18 mois, en constatant l’impossibilité de réaliser une majorité avec le MR, que ce soit via une alliance avec le PS ou avec Ecolo et DéFI, son parti a pris ses responsabilités en décidant d’explorer la seule piste qui n’avait pas encore été essayée pour doter Bruxelles d’un gouvernement de plein exercice. Selon le président des Engagés, l’échec de sa mission est dû à Anders (ex-Open Vld) qui préfère “privilégier un symbole, qui n’est demandé ni par l’Union européenne ni par les agences de notation, à la possibilité de chercher un compromis réaliste“.
“Je n’ai pas une grande expérience politique mais mon passé m’a appris que le plus important pour les banques et pour les citoyens n’est pas le chiffre que l’on pourrait mettre dans le fichier Excel du budget 2029 mais la crédibilité de ceux qui l’annoncent. Le précédent gouvernement, entre autres avec l’Open Vld, avait annoncé le retour à l’équilibre en 2024…“, a-t-il fait observer.
Aux yeux de M. Verougstraete, “l’Open Vld (Anders) et tous ceux qui se focalisent sur les projections de budget 2029, plutôt que de se mettre au travail pour lancer les réformes qui le crédibilisent, font de la politique-politicienne plutôt que de s’occuper de l’avenir des citoyens….Je comprends la colère des Bruxelloises et Bruxellois et tiens à leur dire que je partage leur frustration. Notre Région a besoin de solutions, pas de vetos“, a-t-il ajouté. Le président des Engagés a enfin indiqué que malgré sa grande déception, son parti restait disponible pour toute solution permettant à Bruxelles de trouver une issue.
“Grave de de la part d’un ministre dans un gouvernement en affaires courantes”
Suite à l’annonce de Dirk De Smedt de renoncer à prendre part à la réunion, la moins agacée n’était pas Zakia Khattabi (Ecolo) ce mardi matin: “Je ne le laisserai pas jouer le rôle du calife à la place du calife. Il aura toujours besoin d’une majorité même en affaires courantes. J’espère que M. Verougstraete ne se laissera pas intimider et qu’on pourra donner à Bruxelles un budget solide. Je lis dans la presse qu’il discute avec le MR et la N-VA. Je trouve cela grave de la part d’un ministre qui est encore en charge dans un gouvernement en affaires courantes. Il faut construire ce budget non à partir de l’intérêt de l’Open Vld mais de celui des Bruxellois.”
► Interview | “Pas avec un couteau sous la gorge” : Zakia Khattabi sur les négociations du budget 2026 à Bruxelles
“Je suis honteuse à leur place”
Pour sa part, la cheffe de file de Groen, Elke Van den Brandt, a tenu à remercier Yvan Verougstraete et son équipe “pour leurs efforts, dédiés entièrement à une solution pour enfin former un gouvernement de plein exercice“. “Malheureusement, certains pensent pouvoir faire mieux en s’isolant sans partenaires, ni soutien. Ce n’est pas faire autrement, c’est tout simplement jouer avec l’avenir de notre Région. C’est d’ailleurs ironique: malgré son ravalement de façade (ndlr: en adoptant le nom de “Anders”), l’Open VLD s’obstine encore et toujours à laisser le PS à la tête d’un gouvernement bruxellois minoritaire, plutôt que de donner sa chance à une initiative menée par Yvan Verougstraete“, a-t-elle ajouté.
“Je suis honteuse à leur place car ce qui est actuellement sur la table est la proposition la plus sérieuse et la plus ambitieuse des 600 derniers jours…. Et pourtant, ils osent encore bloquer et refuser pour une question d’ego“, a surenchéri Ans Persoons (Vooruit). “Je comprends que ce n’est pas facile pour eux. Eh bien, pour Vooruit, ce n’était pas facile non plus de rejoindre l’Arizona. Nous avons toutefois choisi d’assumer nos responsabilités, car l’alternative est l’incertitude et le chaos. Je constate que le VLD préfère l’incertitude et le chaos plutôt que d’assumer ses responsabilités et de trouver des solutions. Pour moi, c’est totalement incompréhensible“, a dit la cheffe de file des socialistes flamands.
► Notre dossier sur la formation bruxelloise
Pour celle-ci, l’alternative, est la poursuite des affaires courantes qui ferait le jeu d’un Parlement plus orienté à gauche, où le parti libéral flamand dispiose de deux sièges sur 89.
Comme Mme Persoons, le ministre DéFI en affaires courantes, Bernard Clerfayt a jugé que seul un gouvernement de plein exercice pouvait mettre en place des réformes et un budget et sortir Bruxelles du marasme. “C’est depuis les élections que je ne souhaite plus travailler en affaires courantes, mais pour cela, il faut que suffisamment de personnes soient présentes autour de la table” a-t-il dit à son arrivée au 69 de la rue du Lombard.
► Interview | Gladys Kazadi demande à Frédéric De Gucht de revenir dans les négociations : “Mais dans une autre dynamique”
La Team Fouad Ahidar prête “à prendre ses responsabilités”
“Depuis 600 jours, toutes les combinaisons ont été explorées, tous les scénarios testés, sauf un : celui qui inclut TFA, pourtant démocratiquement représentatif et prêt à assumer ses responsabilités”, observe la Team Fouad Ahidar. “Cette mise à l’écart délibérée transforme les négociations en un cirque politique stérile.”
Le formateur bruxellois Yvan Verougstraete (Les Engagés) a annoncé mardi matin qu’il renonçait à sa mission. En cause, selon lui, l’absence du ministre bruxellois du Budget, le libéral flamand Dirk De Smedt, qui a renoncé à venir, sur injonction de son parti, après avoir pourtant accepté de le faire il y a quelques jours.
Par voie de communiqué, la TFA dénonce aussi l’attitude d’Anders (ex-Open Vld), “qui continue de bloquer la formation d’un gouvernement bruxellois alors que la Région fait face à une urgence budgétaire et sociale majeure. Quelle est l’utilité de changer de nom si c’est pour garder la même attitude arrogante? “ fustige Fouad Ahidar, président de la TFA.
Au Parlement bruxellois, la Team Fouad Ahidar, créée par l’ancien député Vooruit, constitue le deuxième groupe côté néerlandophone avec trois sièges.
Avec Belga – Images Belga