Schaerbeek : nouvelle mobilisation pour la protection de Josaphat
La friche Josaphat s’est à nouveau invitée mercredi soir au conseil communal de Schaerbeek, à la faveur d’une interpellation citoyenne portée par Catherine Seigneur, représentante du collectif Sauvons la friche Josaphat.
Une enquête publique est en cours sur une version modifiée de la demande de permis de lotir introduite par le consortium Eiffage-AXA, sélectionné par la Société d’aménagement urbain (SAU). Le projet porte sur 6,76 hectares et prévoit au maximum 537 logements, 8.560 mètres carrés d’activités économiques et d’équipements ainsi que 391 places de stationnement souterrain. Les espaces verts publics représenteraient 3,14 hectares, soit 46% du périmètre.
Le collectif demande à la commune de rendre un avis défavorable. Il l’appelle ainsi à rompre avec la position adoptée en 2025, lorsque le collège s’était abstenu. “S’abstenir, cela signifie accepter la destruction de la friche Josaphat”, a estimé Catherine Seigneur.
“Il y a un an, jour pour jour, nous étions déjà présents”, a rappelé l’oratrice, exprimant “tristesse, colère et frustration”. Elle dénonce quatre enquêtes publiques successives et autant de mobilisations restées, selon elle, sans réponse.
“Il y a un an, jour pour jour, nous étions déjà présents”, a rappelé l’oratrice, exprimant “tristesse, colère et frustration”. Elle dénonce quatre enquêtes publiques successives et autant de mobilisations restées, selon elle, sans réponse.
Plus de 7.000 personnes ont déjà participé à l’enquête de 2026 pour demander la préservation intégrale de la friche, affirme le collectif. La procédure reste ouverte jusqu’au 26 septembre. Catherine Seigneur a également invoqué les épisodes de chaleur et la surmortalité estivale relevée par Sciensano. Schaerbeek atteint, selon elle, près de 78% d’imperméabilisation des sols. La friche constituerait dès lors une infrastructure de santé publique et un îlot de fraîcheur irremplaçable.
Le bourgmestre faisant fonction Martin de Brabant (MR) a rappelé que le terrain appartient à la Région bruxelloise, via la SAU, et que la commune doit rendre un avis consultatif. La commission de concertation étant prévue le 12 octobre, il serait “malvenu”, selon lui, que le collège se positionne auparavant.
Les divergences déjà connues au sein de la majorité MR-Les Engagés-PS-Ecolo-DéFI se sont à nouveau exprimées dans les réponses politiques. Isabelle Durant (Ecolo) a réaffirmé la position de son parti sous les applaudissements du public : “Nous sommes opposés à ce projet. On ne construit pas sur le vert, on construit sur le gris.” Elle a aussi reproché à la Région d’avoir relancé l’enquête publique alors que la déclaration de politique régionale du 14 février prévoit une mise en pause du projet Josaphat pendant 18 mois, soit jusqu’en août 2027.
Du côté de DéFI, Bernard Clerfayt, qui a négocié plusieurs projets de logements sur la friche lorsqu’il était bourgmestre, continue de juger nécessaire de construire des logements neufs en Région bruxelloise. Mais face au changement climatique, il réclame un “Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS) climatique” et le blocage du projet dans l’attente de son adoption.
Le PS a, pour sa part, insisté sur la nécessité de concilier les enjeux. Matthieu De Greez a souligné les impératifs de protection de la santé publique et de la biodiversité, tout en rappelant les besoins en logements en Région bruxelloise. Le PTB a demandé que le site reste entièrement dans le giron public, afin de préserver la biodiversité et la possibilité d’y construire des logements abordables.
Sadik Köksal (MR) a appelé à attendre les résultats de l’enquête publique, puis la décision du gouvernement bruxellois. Il rejoint ainsi la position d’attente défendue par le bourgmestre libéral et déjà adoptée par la commune l’année dernière. Son intervention a suscité les huées d’une partie du public.
Les préoccupations exprimées autour de la friche Josaphat ont trouvé un écho dans une seconde interpellation citoyenne, consacrée à un projet de 39 logements rue des Chardons, dont 35 en intérieur d’îlot. Des habitants du quartier Bienfaiteurs s’opposent à la disparition de ce terrain à l’abandon, devenu selon eux un petit poumon vert, et à l’abattage de 50 arbres.
Belga