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Protoxyde d’azote : “La prohibition n’a jamais montré des effets positifs”

16 octobre 2026 - 19h40

Le protoxyde d’azote, appelé plus communément gaz hilarant, reste une drogue très populaire auprès des jeunes. Ils peuvent se la procurer facilement puisque les bonbonnes sont en vente libre puisqu’elles servent dans la confection de la crème chantilly. Cependant, ce gaz provoque des états modifiés et un plan pour lutter contre sa consommation est en cours d’élaboration au niveau du commissariat général aux drogues.

Il est actuellement très complexe de connaitre exactement la consommation de protoxyde d’azote, appelé plus communément gaz hilarant. Ce qui est certain, c’est que les douanes constatent une augmentation des cargaisons déclarées aux douanes et on retrouve toujours plus de bonbonnes dans les rues de la capitale. Selon Safe.brussels, les consommateurs sont surtout des hommes entre 18 et 30 ans, mais 3% des élèves du secondaire déclarent en avoir déjà consommé au moins une fois dans leur vie. A noter que depuis avril 2024, la consommation de gaz hilarant est interdite par la loi. Par contre, sa vente ne l’est pas puisqu’il sert notamment à faire de la crème chantilly. 

Officiellement, son usage récréatif est interdit depuis le 8 avril 2024, mais il est complexe de faire respecter cette disposition, car le produit n’est pas détectable. Une des manières de lutter contre cette consommation serait d’interdire la vente des grandes bonbonnes et également de limiter les quantités par personne.

Le protoxyde désoriente celui qui l’inhale et peut avoir les mêmes effets qu’une consommation d’alcool. Il joue donc dans les accidents de la circulation. Selon Vias, un jeune sur 7 a déjà consommé du gaz hilarant avant de prendre le volant. “Chez les plus jeunes, il peut y avoir un phénomène de sociabilisation dans la consommation de protoxyde, explique Daniel French, psychiatre à l’hôpital Erasme. Seulement, il peut y avoir des séquelles irréversibles, notamment au niveau neurologique. Concrètement, il n’y a pas de seuil où la consommation ne porte pas à conséquence.”

Pour le psychiatre, l’interdiction de la vente des grandes bonbonnes ou la limitation de la quantité que l’on peut détenir ne seront pas des mesures efficaces. “Je préférerais que les consommateurs consomment mieux. Je n’ai pas le souvenir d’une politique de prohibition qui ait montré des effets suffisants.”

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■ Une interview de Daniel French au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles