“Profondément indignée”, la Ligue des Droits de l’Enfant s’inquiète du signal donné aux jeunes via les arrestations
La Ligue des Droits de l’Enfant a rejoint lundi les inquiétudes exprimées par de nombreux acteurs et collectifs à la suite des interventions policières lors des manifestations de la fin de semaine dernière contre les réformes dans l’enseignement francophone.
Le fait que des mineurs d’âge aient été interpellés par les forces de l’ordre dans le cadre de ces actions est particulièrement inquiétant, juge l’association, qui se dit “profondément indignée“.
La mobilisation de ces jeunes “s’inscrit dans l’exercice légitime de droits fondamentaux garantis par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant“, rappelle la Ligue via communiqué.
Tout enfant, tout jeune a droit à sa liberté d’expression, à la liberté d’association et de réunion pacifique, souligne l’ASBL. Comme il s’agissait ici d’enseignement, les plus jeunes sont d’ailleurs directement concernés par le sujet. “La participation des élèves aux débats qui concernent leur parcours scolaire ne peut être réduite à une question d’ordre public“, note la Ligue des Droits de l’Enfant.
Que des mineurs d’âge aient été interpellés, alors qu’ils se mobilisaient de manière citoyenne dans un débat qui les concerne, donne un signal inquiétant, estime-t-elle: “Une telle réponse risque d’alimenter un sentiment de défiance envers les institutions démocratiques et de décourager l’engagement citoyen des jeunes“. In fine, cette réponse “essentiellement sécuritaire” risque d’avoir un effet dissuasif sur l’exercice futur de leurs droits, ajoute-t-elle.
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Jeudi, 14 personnes dont huit mineurs avaient fait l’objet d’une arrestation judiciaire à Bruxelles. Malgré la présence de nombreux jeunes, la police avait eu recours à des autopompes, du gaz lacrymogène, des coups de matraque, ainsi qu’à la technique, illégale, de la nasse, selon des adultes également présents dans la manifestation. La police, de son côté, argue de la présence de fauteurs de trouble et de casseurs parmi les jeunes manifestants, venus pour dégrader du mobilier urbain et cibler les policiers. Vendredi, il y a eu une centaine d’interpellations dans la capitale. Il y a également eu des débordements à Namur, par exemple.
La Ligue des Droits de l’Enfant demande “toute la transparence sur les circonstances et les motifs des arrestations intervenues le 4 juin“, ainsi qu’une “évaluation indépendante de la proportionnalité des mesures prises“. Elle suggère aussi d’associer associations et Délégué général aux droits de l’enfant à l’analyse des évènements.
Dans le même temps, un front commun de 72 organisations (FEF, Délégué général aux Droits de l’Enfant, des syndicats, la Ligue des familles, etc.), réunis à l’initiative du Comité des Élèves Francophones (CEF), ont exprimé dans un courrier lundi leur colère et leur indignation face aux nombreux témoignages reçus concernant le traitement réservé à des jeunes, souvent mineurs, lors des mobilisations organisées à Bruxelles et ailleurs en Wallonie.
“Nous refusons le double discours qui consiste à encourager les jeunes à développer leur esprit critique lorsqu’ils soutiennent certaines décisions, puis à remettre en cause leur légitimité lorsqu’ils expriment un désaccord“, soulignent-elles.
Les 72 organisations demandent notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les incidents signalés; une communication transparente des autorités sur les interventions ayant impliqué des mineurs; le respect strict du cadre légal applicable aux mineurs lors de tout contrôle ou privation de liberté ou encore la mise en place d’un mécanisme de signalement accessible aux jeunes.
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Belga – Photo : Belga Image