Près d’un ménage sur quatre en précarité hydrique à Bruxelles
Un ménage sur huit en Belgique a difficilement accès à une eau de qualité et en quantité suffisante. Selon le dernier baromètre sur la précarité hydrique de la Fondation Roi Baudouin publiée jeudi, 12,8% des ménages consacrent une part excessive de leur budget disponible – déduction faite du coût du logement – à leur facture d’eau de distribution.
La Région de Bruxelles-Capitale reste la plus touchée: 23,2% des ménages sont en précarité hydrique en 2024 (contre 21,9% en 2021). “Les plus faibles revenus disponibles et la nature essentiellement urbaine de la Région (moindre présence de sources alternatives en eau, telles que citernes à eau de pluie ou puits) en sont vraisemblablement la raison“, note la Fondation.
La Wallonie enregistre quant à elle une amélioration notable par rapport au dernier baromètre, avec 15,6% des ménages en précarité hydrique en 2024 (contre 19,3% en 2021), “possiblement liée à une stabilisation des tarifs de l’eau wallons en temps d’inflation“. La Flandre présente de son côté toujours la situation la moins défavorable, avec 8,5% des ménages en précarité hydrique en 2024 (contre 9,1% en 2021).
La précarité hydrique est l’un des révélateurs des inégalités sociales: le coût de l’eau pèse davantage sur les épaules des ménages les plus vulnérables. Les profils les plus à risque de cette précarité sont ceux à risque de pauvreté, à faible intensité de travail, de la classe moyenne dite basse, les familles monoparentales ou encore les personnes isolées ou en mauvaise santé. La qualité du logement joue aussi un rôle, tout autant que sa nature: les personnes vivant en appartement y sont plus souvent confrontées que celles vivant en maison, qui ont plus de chance d’avoir des sources alternatives d’eau (comme des réservoirs d’eau de pluie par exemple).
Avec ce dernier baromètre, réalisé par des chercheuses de l’ULB et de l’UAntwerp, la Fondation Roi Baudouin entend maintenir l’attention sur cette problématique, souvent peu visible, et encourager le développement de solutions adaptées aux ménages les plus fragiles. Un “enjeu essentiel” dans “un contexte marqué par les effets du changement climatique et la multiplication des épisodes de chaleur”.
Belga