Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB : “La situation est très très préoccupante”
Invité de Bonsoir Bruxelles, Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), s’inquiète des conséquences économiques de la crise gouvernementale.
Alors que le roi Philippe a mené sa deuxième journée de consultations des présidents des partis de la coalition Arizona, Pieter Timmermans appelle le gouvernement à trouver un compromis budgétaire. “La situation est très très préoccupante“, prévient-il, évoquant la hausse de l’inflation, des taux d’intérêt et des faillites.
Le patron de la FEB écarte la piste d’élections anticipées : “Je ne crois pas que ce soit la solution (…) Je préfère de loin qu’il y ait un accord vendredi afin de continuer le débat et trouver un accord budgétaire d’ici une à deux semaines”.
Pieter Timmermans juge indispensable de maintenir l’objectif d'”au moins” 10 milliards d’euros d’effort budgétaire. Diminuer ce montant reviendrait, selon lui, à “reporter le problème“.
Alors, comment trouver ces dix milliards ? “Il faut d’abord soutenir la croissance économique, ça veut dire soutenir les entreprises. Et ça, on ne le fait pas en les taxant.” L’administrateur délégué admet qu’il faudra “probablement trouver quelques recettes supplémentaires“, tout en appelant à rester “raisonnable“.
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Emploi et avantages fiscaux
Interrogé par notre journaliste Fabrice Grosfilley sur les mesures favorables aux entreprises déjà accordées par le gouvernement : “Vous avez obtenu plus de flexibilité sur le temps de travail, un saut d’index, un malus pension, la limitation du chômage à 2 ans. Tout ça, ce sont des mesures que souhaitaient les entreprises. Elles ne portent pas leurs fruits aujourd’hui ou elles ont un impact budgétaire qui finalement nous rattrape ?” Pieter Timmermans relativise la portée de ces mesures : “Tout le monde dit que c’est exceptionnel. Tous les autres pays qui nous entourent l’ont déjà fait il y a 20 ans“, rétorque-t-il.
Sur la réforme des allocations de chômage, qui semble avoir un impact limité sur les retours à l’emploi, Pieter Timmermans n’y voit “pas du tout” un échec. Selon le patron de la FEB, c’est désormais aux Régions d’accompagner les chômeurs vers un emploi.
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Fabrice Grosfilley le questionne également sur les baisses de cotisations sur le travail, qui pèsent sur les recettes de l’État à hauteur d’environ un milliard d’euros. Le représentant patronal les défend : “C’est grâce à ça que les entreprises peuvent survivre. Si on n’avait pas eu ce soutien, quel serait le résultat ? Encore plus de gens au chômage, encore plus de gens qui auraient perdu leur emploi“.
“Il faut d’abord faire grandir le gâteau avant de le distribuer. Et certains autour de la table veulent déjà distribuer ce qui n’existe pas“, résume Pieter Timmermans.
L’administrateur délégué de la FEB et Fabrice Grosfilley sont également revenus sur le risque d’une dégradation de la note de la Belgique, une éventuelle réforme de la TVA et les conséquences des élections américaines pour les entreprises belges.
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■ Interview de Fabrice Grosfilley