Molenbeek : l’échevin invoque des pertes de subsides pour justifier les licenciements
L’échevin de l’Emploi et du Personnel, Amet Gjanaj (PS), a défendu mercredi soir au conseil communal de Molenbeek-Saint-Jean les sept suppressions de postes à la Mission Locale et à Molenbeek Formation, invoquant des pertes structurelles de subsides. Il a répondu à Gloria García Fernández, cheffe de groupe MR, au lendemain du dépôt d’un préavis de grève par Synova, la CNE et le SETCa.
Selon lui, les pertes annuelles atteignent près de 300.000 euros pour la Mission Locale et environ 70.000 euros pour Molenbeek Formation. Elles proviennent de plusieurs réductions ou suppressions de subsides concernant notamment la politique de la ville, les aides à l’économie sociale, l’accord non marchand et l’interface emploi-formation. La situation a été présentée au conseil d’administration respectif des deux entités le 11 juin dernier, selon Amet Gjanaj.
Les frais de personnel représentent 90% des dépenses, a expliqué l’échevin. Plusieurs alternatives ont été examinées : non-remplacements, gel de la progression barémique, suppression de la prime de fin d’année et mesures volontaires. Certaines présentent, selon lui, des obstacles juridiques ou financiers. Deux postes n’ont déjà pas été remplacés depuis l’année dernière.
Les suppressions concernent six postes à la Mission Locale et un à Molenbeek Formation. Amet Gjanaj affirme que les choix reposent sur l’activité des services, notamment pour supprimer le département chargé de rechercher des financements. Il assure avoir transmis les documents demandés, sauf ceux protégés par les règles relatives aux données personnelles.
Les syndicats estiment ne pas avoir reçu les éléments financiers démontrant le caractère inévitable des licenciements. Ils réclament la suspension de la restructuration, l’examen d’alternatives, des critères objectifs et des garanties contre toute discrimination syndicale. Ils s’inquiètent du nombre de travailleurs concernés ayant exercé un mandat représentatif ou été candidats aux élections sociales.
Selon l’échevin, les réserves permettent de passer le cap cette année, mais les difficultés vont s’aggraver sans réduction des dépenses.
Mais il estime “avoir fait le maximum de ce qu’il pouvait”.
Ces licenciements interviennent dans un climat social déjà tendu. Quarante suppressions de postes ont été décidées en juin, réparties à parts égales entre l’administration communale et le CPAS. Le 30 septembre, une quarantaine de personnes se sont mobilisées au conseil communal pour réclamer des garanties contre de nouveaux licenciements. La Mission Locale et Molenbeek Formation sont des ASBL distinctes de ces institutions, mais liées à la commune.
Une autre interpellation de Gloria García Fernández, consacrée aux licenciements et aux mesures d’économies, n’a finalement pas été débattue mercredi soir. Déjà reportée à plusieurs reprises, elle va être transformée en question écrite. Les réponses sur ce dossier sont donc attendues ultérieurement.
Belga