Aller au contenu principal
BX1

Migration illégale dans le quartier Nord : “L’Etat fédéral doit donner une réponse claire”

Et si le problème du quartier nord, c’était la migration illégale ? C’est en tout cas le point de vue du bourgmestre f.f. de Schaerbeek, Martin de Brabant (MR). Est-ce que les policiers sont impuissants devant des personnes sans papiers qui sont arrêtées à de multiples reprises, relâchées avec un ordre de quitter le territoire qui ne sera pas exécuté ?

Il y a une semaine, Martin de Brabant, bourgmestre f.f. de Schaerbeek, a donné une interview à La Libre à propos de la sécurité dans le quartier Nord. Dans ce quartier extrêmement problématique, personne n’a encore jamais vraiment nommé la racine du mal. Moi, je veux nommer les choses : le problème, c’est la migration illégale. Et elle n’est pas prise en charge. Ces propos ont heurté Mahdi Kassou, fondateur de BelRefugees. “Je pense que les causes et les conséquences sont inversées. Il y a des problèmes d’exploitation sexuelle, de deal, de vol, mais dire que le problème c’est la migration illégale, c’est un raccourci qui est un peu dangereux.” 

En 2025, la police de la zone Nord a transmis 1.235 dossiers à l’Office des étrangers et seules 12 à 13% des personnes en séjour illégal interpellées dans le quartier Nord ont fait l’objet d’une détention judiciaire. Et près de la moitié des personnes arrêtées a été relâchée avec un ordre de quitter le territoire. Cependant, elles sont toujours présentes sur les trottoirs du quartier malgré les multiples arrestations. Le bourgmestre pointe la nonapplication des ordres de quitter le territoire ainsi que le manque de places en centre fermé. “Nous avons une compétence de police comme bourgmestre et nous sommes très seuls, explique Martin de Brabant, bourgmestre f.f. de Schaerbeek (MR). Je condamne la gestion de la migration illégale par l’État fédéral. Il faut gérer la migration de manière holistique, mais lorsqu’il y a un ordre de quitter le territoire, il doit être exécuté.” 

Lire aussi : Expulsions : Schaerbeek appelle le fédéral à faire davantage dans le quartier Nord

D’après Anneleen Van Bossuyt, la ministre de l’Asile et de la Migration, 1239 personnes ont été expulsées lors des 8 premiers mois de cette année, notamment vers le Maroc, l’Albanie et l’Algérie. Un record. Selon Martin de Brabant, seuls 8% des personnes sans titre de séjour arrêtées dans la commune ont été placées en centre fermé en vue d’une expulsion. Selon une étude de la VUB qui date de 2023, il y aurait au moins 112.000 personnes sans-papiers en Belgique et plus de la moitié vivrait à Bruxelles. A l’Office des étrangers, on estime jusqu’à 150.000 le nombre de personnes résidant de manière irrégulière. En 2024, près de 40.000 demandes de protection internationale ont été introduites auprès de l’office des étrangers.

Si on prend uniquement les demandes pour des raisons humanitaires ou médicales, sur les 7.000 dossiers introduits l’an dernier, seuls 2.200 ont reçu une réponse positive. “On n’inscrit pas dans la loi des règles claires pour que les personnes qui introduisent une demande sachent à quelle sauce elles vont être mangées, ajoute Mehdi Kassou. Les personnes sont sujettes à exploitation et ne sont pas accueillies comme il faudrait.”

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview de Martin de Brabant et Mehdi Kassou au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles