Des associations dénoncent les violences policières lors des manifestations: “La jeunesse a le droit d’aller dans la rue revendiquer ses droits”
Les rassemblements d’octobre ont laissé des traces chez plusieurs jeunes et professionnels présents dans les cortèges. Des organisations de la société civile interpellent les autorités sur les conditions dans lesquelles ces manifestations ont été encadrées.
Les interventions policières lors des manifestations de jeunes des 9 et 12 octobre continuent de susciter des réactions. La Fédération de Centres d’Information et de Documentation pour Jeunes (CIDJ) et plusieurs organisations associatives et de jeunesse interpellent les autorités dans une tribune commune.
Elles demandent notamment que les témoignages de violences impliquant des mineurs fassent l’objet d’un examen indépendant. “Ce qui a eu lieu ces derniers jours dépasse l’entendement : comment un gouvernement peut-il mettre autant à mal sa propre jeunesse, l’avenir de son pays ? Des enseignant·es, des élèves, des jeunes, des familles et des acteur·rices associatif·ives se sont mobilisé·es pour exprimer leurs doutes et leur colère vis-à-vis des réformes qui fragilisent encore plus l’enseignement”, expliquent les signataires.
Ils s’appuient sur les récits de jeunes et de professionnels présents lors des rassemblements. Une enseignante avait notamment décrit à BX1 les interventions auxquelles elle avait assisté sur le boulevard de l’Empereur : “C’est tirer, mettre par terre, arracher le masque s’il y en a un. Tabasser, si la personne qui est par terre ne répond pas positivement à la sommation. Violence verbale, énormément de violence verbale, énormément de violence raciste aussi”.
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Pour les organisations, ces témoignages doivent être pris au sérieux : “Des mineur·es disent avoir subi des violences physiques et verbales de la part de celles·ceux qui sont censé·es les protéger. Même les pires délinquant·es ne méritent pas d’être traité·es comme les jeunes l’ont été. Les images diffusées parlent d’elles-mêmes : autopompes, gaz lacrymogènes, mineur·es poussé·es au sol, frappé·es et interpellé·es dans des conditions qui dépassent largement le cadre légal.Elles rappellent que le droit de manifester concerne aussi les mineurs et que le maintien de l’ordre ne peut justifier un recours disproportionné à la force.”
La tribune appelle également à dépasser le débat autour des dégradations commises pendant les rassemblements pour s’intéresser aux raisons de la mobilisation. “La jeunesse a le droit d’aller dans la rue revendiquer ses droits, c’est aussi ça l’apprentissage de la démocratie et de la citoyenneté active”, rappellent les signataires.
BX1 – Photo: Belga Image