Aller au contenu principal
BX1

“Les flexi-jobs dérapent”, met en garde le ministre Vincent Van Peteghem

Le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem (CD&V), estime que le dispositif des flexi-jobs doit être réexaminé, car “il sape notre sécurité sociale et notre État-providence”, affirme-t-il lundi dans les colonnes du journal De Standaard.

Le gouvernement a fait passer récemment une loi étendant à tous les secteurs la possibilité de recourir à des flexi-jobs. M. Van Peteghem reconnaît que de nombreux secteurs ont effectivement besoin de plus de flexibilité, mais il estime que ces dispositifs doivent être ramenés “à ce pour quoi ils avaient été conçus à l’origine“.

Il n’a jamais été question de faire des flexi-jobs la main-d’œuvre la moins chère, et ainsi de mettre sous pression l’ensemble du marché du travail. À cet égard, le nombre croissant de flexi-jobs est en train de devenir le nouvel équivalent des malades de longue durée. Le système est en train de déraper. De cette manière, notre État-providence ne restera pas soutenable.” Le ministre propose de commencer par éliminer “les injustices et les contradictions” du système.

►Lire aussi | L’extension des flexi-jobs à tous les secteurs validée en première lecture en commission

Dans la majorité, la N-VA ne partage pas cette opinion. Interrogé par la VRT, le chef de groupe à la Chambre, Axel Ronse, a rappelé tout le bien que son parti pensait du dispositif. “Je ne vois pas de raison de réexaminer maintenant les flexi-jobs“, a-t-il souligné. Selon les chiffres qu’il a consultés, 83% des flexi-jobeurs sont déjà employés à temps plein et prêtent main-forte à une autre entreprise quand elle a besoin de main d’oeuvre pour faire face à un pic d’activité. “Au contraire, les flexi-jobs aident à créer des emplois en permettant aux entreprises de créer des équipes flexibles“, a-t-il affirmé.

À ses yeux, c’est plutôt le statut actuel des travailleurs salariés qui doit être reconsidéré pour être encore plus flexible. Une tâche à laquelle l’Arizona s’est en partie attelée avec les réformes du ministre de l’Emploi, David Clarinval (MR), sur les horaires de travail, les heures supplémentaires ou, si le blocage politique est levé, l’annualisation du temps de travail.
Dans son interview, le vice-Premier ministre CD&V critique aussi les sociétés de gestion. Celles-ci “sont destinées à protéger les entrepreneurs qui souhaitent se développer et prendre des risques. Elles n’ont jamais été conçues à des fins de simple optimisation fiscale.

Vincent Van Peteghem évoque par ailleurs la dette publique. Il met en garde contre le risque de se retrouver, plus vite que prévu, dans une spirale de la dette en cas de crise politique. “Le message du FMI était clair: si nous continuons ainsi, nous nous retrouverons avec une dette publique pire que celle de la Grèce. Il est de notre responsabilité d’éviter ce scénario.

Belga