Les CPAS demandent au prochain gouvernement “un renforcement structurel”

Face à la multiplication des demandes, “il faut renforcer les CPAS en les finançant de manière pérenne”: c’est le message clair que veulent transmettre les fédérations des CPAS wallons, bruxellois et flamands au prochain gouvernement fédéral. Pour se faire entendre, elles ont rédigé, à quelques mois des élections, un mémorandum commun qu’elles ont présenté ce mercredi à Bruxelles.

Pour continuer à assurer leurs missions, elles y plaident avant tout pour un “renforcement significatif” de leur financement, passant entre autres par une augmentation à 95% du taux de remboursement du revenu d’intégration et par une forte hausse des frais de personnel. “Les CPAS ne sont pas des distributeurs de chèques. Derrière chaque dossier, il faut du personnel”, souligne Khalid Zian, le président de la fédération des CPAS bruxellois.

Forts de cette conviction, les CPAS des trois Régions du pays appellent à la mise en place “d’un vaste plan de recrutement” tout en réclamant, en parallèle, une amélioration de leur fonctionnement, avec une diminution de leur charge administrative et un soutien à leur informatisation. Autres priorités: l’alignement des montants des allocations et des aides sociales sur le niveau du revenu d’intégration social (RIS), “dont le relèvement a été salutaire”, et la mise en œuvre d’une égalité de traitement entre les étudiants vivant en famille et ceux qui vivent seuls. “Nous recommandons à ce sujet l’exonération des allocations familiales dans le calcul du revenu d’intégration social, quel que soit le statut administratif de l’étudiant”, explique Luc Vandormael, le président de la fédération des CPAS wallons. Les fédérations demandent encore aux autorités de lutter contre les pièges à l’emploi, en relevant le montant des bas salaires, et de réformer le mécanisme de l’exonération socio-professionnelle qui encourage les bénéficiaires du CPAS à travailler.

Elles insistent enfin sur la lutte contre la précarité énergétique, ce qui passe notamment par un élargissement des aides énergies à la classe moyenne, et sur une amélioration de l’accueil des étrangers. “Nous demandons qu’on tienne compte de l’apport des administrations locales en tant qu’acteurs essentiels de la politique fédérale et que l’on fournisse aux pouvoirs locaux les ressources financières nécessaires pour qu’ils puissent pleinement jouer leur rôle”, résument les fédérations. “Si d’autres institutions de sécurité sociale traitaient les demandes plus rapidement et étaient plus accessibles, les CPAS auraient plus de latitude pour aider les demandeurs. Aujourd’hui, une demande de revenu d’intégration sur cinq est une avance sur une autre prestation, telle que l’allocation de chômage ou de maladie. Les CPAS sont devenus la porte d’entrée d’autres institutions, ce qui n’a jamais été l’intention”, pointe par ailleurs Wim Dries, le président de la VVSG, la fédération des CPAS flamands.

“Des choses ont été faites au cours de cette législature: augmentation du RIS, aides diverses lors de la crise covid suivie de la crise des prix de l’énergie et de l’inflation folle. Mais elles avaient toujours un caractère circonstanciel. Ce que nous voulons, ce sont des mesures structurelles qui permettront un refinancement global de nos CPAS”, conclut Luc Vandormael.

 

Belga

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14 février 2024 - 15h24
Modifié le 14 février 2024 - 15h40