Le radon, ce gaz radioactif présent dans certaines habitations peut provoquer un cancer du poumon
La campagne Action Radon invite les habitants à mesurer ce gaz radioactif dans leur logement. Bruxelles Environnement y participe, bien que la capitale soit relativement épargnée.
Inodore, incolore et insipide, mais bien nocif : le radon se trouve peut-être dans votre cave. Ce gaz radioactif provenant de l’uranium est reconnu par l’OMS comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. La campagne annuelle Action Radon est donc lancée, pour inviter la population à mesurer le taux dans leur habitation et à agir s’il est trop élevé.
“La présence du radon dans le sous-sol est liée à la composition du sol. Il y a des sols qui sont plus schisteux que d’autres. Dans ces sols-là, il y a un risque de radon qui est plus élevé“, explique Mélanie Boulanger, porte-parole de l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN). “Le radon se répand à travers les fissures ou les espaces liés aux canalisations. Il peut ensuite entrer dans les caves des habitations et se diffuser“.
La présence de radon est mesurée à l’aide d’un petit détecteur à placer trois mois au rez-de-chaussée de l’habitation. Ce détecteur peut être commandé auprès de l’AFCN jusqu’au 31 décembre, au prix de 20 €. Cela comprend également l’analyse et l’aide éventuelle à la remédiation.
En Belgique, la concentration moyenne (géométrique) en radon dans les habitations est de 46 becquerels par mètre cube (Bq/m³). Le sud du pays est bien plus concerné par le radon en raison de sa géologie. Les Ardennes présentent notamment des roches schisteuses, souvent plus riches en uranium et plus fracturées, ce qui favorise la migration du radon vers la surface. Dans le nord du pays, les couches d’argile et de sable retiennent davantage le gaz dans le sol.
► Voir notre reportage | Rassemblement à Molenbeek pour dénoncer le manque de logements sociaux
La moyenne est de 75 Bq/m³ en Wallonie, tandis qu’à Bruxelles, la moyenne est de 36 Bq/m³, tout comme en Flandre. Cela signifie que les risques sont très bas dans la capitale, bien que Bruxelles Environnement prenne part à la campagne avec les provinces wallonnes.

🟩 < 1 % · 🟢 1–<2 % · 🟨 2–<5 % · 🟧 5–<10 % · 🟥 ≥ 10 %
Un taux plus élevé à Uccle ?
Seule une commune bruxelloise a un taux de radon plus élevé. Uccle est coloré en jaune, ce qui signifie que 2 à 5 % des maisons se trouvent au-dessus du niveau de référence (300 Bq/m³). “Lors de mesures effectuées à Uccle, on a constaté la présence de radon dans un bâtiment où il y avait un puits. Ce puits était directement en contact avec un sol où il y avait plus de radon“, explique encore Mélanie Boulanger.
Quel est le taux de radon moyen dans votre commune ?
Risque de cancer du poumon
Lorsqu’une concentration de radon dépassant les 300 Bq/m³ est constatée dans un espace clos, “il faut prendre des mesures pour y remédier“. En effet, ce gaz radioactif est nocif pour la santé : “Le souci, c’est qu’une fois que le radon reste à l’intérieur d’une habitation, il rentre dans les poumons. Le radon va directement toucher les cellules et peut provoquer à moyen et à long terme le cancer du poumon. Ce risque est plus important pour les personnes fumeuses“, précise la porte-parole. En 2023, l’OMS estimait que le radon était à l’origine de 3% à 14% des cas de cancer pulmonaire.
► Voir notre reportage | Run to Kick récolte un montant record de 2,5 millions d’euros pour la recherche sur les cancers pédiatriques
Les solutions diffèrent en fonction de la concentration et de l’habitation. “Parfois, c’est une question de ventilation, de circulation de l’air dans l’habitation“, précise Mélanie Boulanger. Lorsque la concentration dépasse les 600 Bq/m³, l’intervention peut être plus conséquente avec, parfois, des travaux à réaliser. Des experts de l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire réalisent des visites de terrain pour donner les conseils les plus appropriés aux habitants concernés.
Cette année, l’AFCN lance également son “Plan national belge d’action radon 2026-2030”. Les objectifs à court terme sont surtout la formation des professionnels et des administrations, la prévention dans les zones à risque et l’identification puis la remédiation. À long terme, l’objectif est de mieux protéger les nouvelles constructions, avec un niveau de conception ne dépassant pas 100 Bq/m³, de maintenir les faibles niveaux d’exposition dans les zones peu concernées et de réduire les concentrations dans les zones les plus touchées.
Maxime Dieu

