Le long combat de deux ex-policiers dix ans après leur violente agression à Schaerbeek
Le 5 octobre 2016, quelques mois après les attentats terroristes qui ont endeuillé la Belgique et alors que l’État islamique avait appelé à s’en prendre aux forces de l’ordre, deux policiers – un homme et une femme en couple au quotidien – ont été victimes d’une violente agression au couteau. Dix ans après les faits, leurs souffrances restent intenses. “On ne vit plus, on survit“, témoigne l’époux, âgé de 69 ans.
Ce jour-là, l’agent de police en uniforme et son épouse en civil avaient été attaqués par un individu armé de deux couteaux. “Au total, j’ai reçu 16 coups de couteau“, relate le policier, aujourd’hui à la retraite. “J’ai perdu la moitié de la mobilité de mon bras gauche, mais ça aurait pu être pire. Le médecin m’a dit que deux coups de couteau avaient raté la carotide à deux millimètres près“, poursuit-il.
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Peu après l’agression, une patrouille appelée en renfort était intervenue. L’agresseur, Hicham Diop – un ancien militaire et ex-champion de kickboxing de 44 ans – était parvenu à assommer un des policiers et à lui voler sa matraque. Un autre agent lui avait alors tiré une balle dans la jambe. Malgré cette blessure, cinq policiers avaient été nécessaires pour maîtriser l’assaillant.
Si l’attaque était survenue dans un contexte de menaces terroristes, la justice a définitivement écarté cette qualification. En 2018, la cour d’appel de Bruxelles a condamné l’intéressé à 15 ans de prison pour tentative d’assassinat. Il est cependant sorti de prison entre-temps.
Dix ans après les faits, le couple a témoigné auprès de l’agence de presse Belga de sa difficile reconstruction. Tous deux souffrent d’un trouble de stress post-traumatique aigu nécessitant un suivi psychologique hebdomadaire. “On est sous médicament, même après 10 ans, et on dort toujours très mal. Moi, j’essaye d’être le plus actif possible, comme ça je ne pense pas. Ma femme, elle, s’isole complètement“, explique-t-il. “On se sent toujours en insécurité. En étant policier, on est déjà super vigilant. Après une telle attaque, on l’est encore plus.”
Les simples choses du quotidien sont devenues un véritable parcours du combattant. “Quand on fait nos courses, c’est militaire. L’un de nous surveille les alentours, tandis que l’autre charge le chariot”, relate le sexagénaire. “Mais ça arrive qu’on ait des attaques d’angoisse, alors on laisse tout en plan et on s’en va.”
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Les deux anciens fonctionnaires, invalides à 50% et 85%, disent bénéficier du statut de solidarité nationale, accordé aux victimes d’actes terroristes. Un tel statut leur permet de disposer d’une pension de dédommagement et d’être remboursés de leurs soins médicaux. Membres de l’association Life4Brussels, les anciens agents ont récemment participé au vernissage d’une exposition au Parlement européen consacrée aux victimes d’attentats.
Belga