“Pour ceux qui ont perdu un proche, le 22 mars est un jour sans fin” : le Roi rend hommage aux victimes
Ce dimanche 22 mars 2026, le Roi Philippe a pris la parole lors de la cérémonie commémorant le dixième anniversaire des attentats de Bruxelles.
Un discours en hommage aux victimes et un appel à la lucidité collective.
“Dix ans ont passé depuis, mais pour beaucoup d’entre vous, le temps n’a pas adouci la douleur. Il l’a simplement rendue plus silencieuse, plus intime, parfois plus lourde encore.”
Le Roi a souligné la réalité de ce que vivent encore les familles et les survivants. “Pour ceux qui ont perdu un proche, ou dont le corps ou l’esprit porte encore les cicatrices de ce jour funeste, le 22 mars 2016 est un jour sans fin.”
Philippe a adressé ses mots aux disparus, aux survivants, et à leurs proches qui portent ce deuil souvent dans l’ombre depuis dix ans.
“Je veux rendre hommage aux survivants. À leur combat quotidien, visible ou invisible. À leur corps meurtri. À leur force, leur dignité. À leur ténacité, malgré tout, malgré l’indicible.” Face au terrorisme, le Roi a rappelé avec fermeté que la Belgique n’a pas plié. “Les terroristes croyaient pouvoir semer durablement la peur, diviser notre société et saper nos valeurs. Leur projet a échoué. Ce qui devait nous désunir nous a soudés.”
Dans ce qui ressemble à un message adressé aux démocraties fragilisées à travers le monde, il a ajouté :
“Je suis fier que, même dans la sidération, nous ayons gardé notre calme et continué à suivre notre cap. C’est une leçon pour toutes les démocraties, parfois tentées par l’autoritarisme.”
Le Roi Philippe a cependant affirmé que la menace restait réelle. “Nous devons aussi affronter une réalité complexe : la plupart des auteurs des attentats de 2016 étaient des jeunes nés et élevés chez nous. Ce constat nous oblige à nous regarder en face. Comment des jeunes de chez nous ont-ils pu se laisser séduire par des discours de haine, de mort et de destruction ? Comment la violence, la radicalisation, le sentiment d’exclusion ont-ils pu trouver un terrain fertile parmi nous ?”
Il a ensuite développé sa vision de la sécurité qu’il veut voir au-delà de l’appareil policier et judiciaire.
“La police et la justice peuvent protéger, juger, sanctionner. Mais ils ne peuvent pas, seuls, apaiser la société. La sécurité se construit aussi dans les écoles, et dans les quartiers. Elle naît des échanges, du dialogue, de la culture, du travail social. La véritable sécurité, c’est une société où chacun se sent reconnu. Où personne n’est condamné à se sentir rejeté, exclu, en marge. Où la dignité humaine n’est pas négociable.”
En écho à son discours du premier anniversaire où il appelait à “oser la tendresse”, le Roi a conclu sur une note d’espoir.
“Je forme aujourd’hui le vœu que nous soyons davantage à l’écoute et attentifs les uns pour les autres. Gardons nos cœurs confiants et ouverts. Je crois en la résilience de notre peuple, en la vigueur de nos institutions, et en l’avenir serein et lumineux que nous ne pouvons écrire que tous ensemble.”