L’accueil des migrants à Bruxelles menacé par les économies fédérales
La députée bruxelloise Celia Groothedde (Groen) s’inquiète des projets de la ministre de l’Asile, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), en matière d’accueil des demandeurs d’asile dans la capitale. Selon elle, quelque 300 places vont disparaître.
“Pour l’instant, Bruxelles débloque chaque année 23 millions pour accueillir ces personnes car la politique de la ministre Van Bossuyt aggrave chaque jour un peu plus la crise de l’accueil. Toutes ces personnes se retrouveront à la rue à Bruxelles”, a-t-elle accusé.
Le coût de 23 millions d’euros pour la Région a été communiqué durant les discussions budgétaires par les ministres bruxellois Ahmed Laaouej (PS) et Dirk De Smet (Anders), et selon eux, il va croissant. La députée écologiste ne s’en étonne guère. “Tous les gens qui cherchent l’asile en Belgique doivent se présenter à Bruxelles où leur dossier sera traité. Cela crée un goulet d’étranglement inutile. Un plan de répartition a été élaboré il y a plusieurs années mais le gouvernement fédéral refuse de l’appliquer. Et maintenant, il refuse d’accueillir une série de gens, contraignant Bruxelles à en assumer la charge”, a-t-elle affirmé.
Selon les informations circulant en coulisses, dans sa recherche d’économies, le gouvernement fédéral pourrait sabrer dans les places qu’il finance par le biais du “Brussels Deal”, les moyens fédéraux accordés à la Région pour l’accueil des demandeurs. Quelque 300 places seraient menacées.
Interrogée mardi dans “De Morgen”, Mme Van Bossuyt a confirmé sa volonté de réduire la voilure. “Nous espérons réduire encore davantage la liste d’attente pour les hommes seuls au cours de l’année 2026 et la supprimer dès que possible. À l’heure actuelle, nous finançons mille places de trop. Compte tenu des contraintes budgétaires de mon département, chaque euro que nous pourrons réaffecter ailleurs est plus que bienvenu”, a-t-elle expliqué.
“La ministre enfreint les règles à un point tel que la Cour constitutionnelle l’a rappelée à l’ordre et que des juges néerlandais ont interdit l’expulsion de personnes vers notre pays, au motif qu’elles subissent un traitement inhumain. Mais la ministre Van Bossuyt continue de considérer Bruxelles comme le dépotoir de sa mauvaise gestion. Aucun pays ne traite sa propre capitale de la sorte”, a asséné la députée écologiste.
Belga