La mobilisation se poursuit dans les écoles malgré le vote : “On compte encore manifester la semaine prochaine”
Malgré le vote du décret-programme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les cours n’ont pas repris dans toutes les écoles. C’est le cas à l’Athénée royal de Jette, par exemple, ou à l’Institut Saint-Louis dans le centre-ville.
“Glatigny ! Démission !”, scandaient les élèves de plusieurs écoles, ce matin. Nombre d’entre eux ont décidé de boycotter les cours pour protester contre une réforme qu’ils jugent anti-démocratique. “Tout ce qu’on peut faire, c’est manifester et nous faire entendre. On n’a pas d’autre pouvoir. On est tous là pour montrer à l’État qu’on n’est pas d’accord“, explique Merri Bazer, élève rhétoricienne de l’Athénée royal de Jette. “Si les profs sont impactés, on sera impactés aussi. Il y aura une pénurie de profs, du coup, il y aura moins de professeurs pour nous assister. Ils ne pourront pas nous assister comme ils le font maintenant“.
Ces élèves manifestent depuis le début de la semaine et ne comptent pas s’arrêter là. Ceux qui le souhaitent peuvent assister aux cours encore donnés.
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“On compte encore manifester la semaine prochaine, mais on ne peut pas manifester toute la semaine. En fonction des choix qui seront pris par nos professeurs, on devra s’adapter. Le but est de perturber le moins possible l’ensemble des élèves afin qu’ils puissent réussir leur année“, précise Merri Bazer. “On est contre la réforme, mais en même temps on veut le bien de nos élèves, donc on va devoir s’arrêter à un moment.“
Les élèves sont soutenus par leurs enseignants, déçus par le vote du décret-programme intervenu cette nuit: “Je suis très déçue de l’impact que ça aura sur mon métier d’enseignante mais aussi sur les répercussions que ça aura pour les élèves, que ce soit en primaire, en humanitaire ou par la suite à l’université“, réagit Marie Dejemeppe, professeure de français à l’Athénée royal de Jette. “Moi, je peux donner cours si j’ai des élèves en classe, j’accueille les élèves qui souhaitent poursuivre leur apprentissage, mais je suis aussi gréviste. Je fais des arrêts de travail et j’étais présente, hier, à la manifestation avec des élèves. Je serai peut-être encore gréviste dans les jours à venir. Ce n’est pas parce que la loi est passée que tout va rentrer dans l’ordre“, prévient-elle.
Après concertation, le corps enseignant a décidé de maintenir les examens de fin d’année, qui débuteront dans dix jours.
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■ Reportage d’Anaïs Corbin