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La Chambre rejette une résolution reconnaissant un génocide à Gaza

La commission des Relations extérieures de la Chambre a rejeté mercredi une proposition de résolution du PS par laquelle la Belgique aurait reconnu qu’un génocide était commis par Israël dans la Bande de Gaza. La majorité n’a pas voulu soutenir le texte, estimant qu’il incombait à une juridiction internationale d’établir un tel crime.

Cette question secoue les opinions publiques dans de nombreux pays. Aux yeux des socialistes, les conditions d’un génocide telles qu’établies par la convention de 1948 sont réunies: meurtre de membres d’un groupe, atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe, transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.

Mais les partis de l’Arizona sont demeurés inflexibles et fidèles au compromis arraché en septembre 2025 sur le conflit israélo-palestinien. Ils n’entendent pas aller au-delà et, selon leurs dires, se substituer aux juridictions internationales.

“Le débat est devenu profondément politique et très polarisant (…) Je respecte ceux qui estiment qu’il y a un génocide comme ceux qui considèrent que les conditions ne sont pas réunies. Il y aura de profondes divergences de vues tant qu’une juridiction internationale n’aura pas pris une décision définitive“, a souligné Luc Frank (Les Engagés).

“Quand je regarde ce qui se passe, cela tombe dans cette définition (du génocide), il n’y a pas de doute possible mais seules les juridictions internationales compétentes pourront l’établir et elles instruisent pour le moment le dossier“, a enchéri Els Van Hoof (CD&V).

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Les arguments n’ont pas convaincu les défenseurs du texte. Ces dernières années, la Chambre a reconnu un risque de génocide contre les Ouïghours en Chine, l’Holodomor en Ukraine (la grande famine organisée par le régime de Staline dans les années 1930) et le génocide commis contre les Yézidis par Daesh.

“A l’époque, on nous disait qu’il s’agissait d’une reconnaissance politique. Aujourd’hui, les mêmes se retranchent derrière des arguments fallacieux qui contredisent leurs votes antérieurs. Ce texte est une reconnaissance politique, nous ne nous substituons pas aux tribunaux mais notre rôle est d’activer un élément de reconnaissance qui pourra ensuite être utilisé ou non par les juges pour argumenter leur décision“, a expliqué Christophe Lacroix (PS).

L’opposition a pris à partie Les Engagés, le CD&V et Vooruit. “Que vous faut-il de plus pour que cette commission se penche de façon sérieuse sur cette question. Des ONG et des instances onusiennes reconnaissent le caractère génocidaire“, a fait remarquer Nabil Boukili (PTB). “J’avais espéré que votre position politique aurait été différente car vos présidents de parti se sont exprimés plus ou moins clairement. Votre majorité va tomber dans quelques jours et vous ne pouvez même pas, ici, soutenir ce en quoi vous croyez“, a déploré Rajae Maouane (Ecolo-Groen).

A droite, dans l’opposition, Anders était prêt à soutenir le texte. Sandro Di Nunzio avait déposé des amendements qui en précisaient la portée. Même le Vlaams Belang s’est abstenu sur certains considérants. “Le Vlaams Belang va s’abstenir et vous, vous allez voter contre. Mais quel signal donnez-vous?” s’est exclamé M. Lacroix.

Belga – Photo : Belga Image