La Casa Tamam de Molenbeek évacuée par la police : “Pour l’instant, je n’ai pas de solution, je suis à la rue”
À Molenbeek, les derniers occupants de la Casa Tamam ont quitté les lieux ce matin. Depuis le mois d’octobre, le centre d’hébergement d’urgence était appelé à fermer ses portes. Plusieurs dizaines de personnes occupaient encore le bâtiment. La police était présente en nombre. Les anciens occupants eux n’ont, pour beaucoup, aucune piste de relogement pour l’instant.
Tôt ce lundi matin, la police s’est rendue à la Casa Tamam, à Molenbeek, avec l’objectif d’expulser, de gré ou de force, les derniers résidents de cet ancien centre d’hébergement.
La plupart habitaient ici depuis plusieurs années et espéraient pouvoir rester jusqu’à la fin de l’hiver. Plusieurs fois reporté, le bail temporaire a expiré fin octobre.
Les discussions entre les résidents, le huissier et les policiers étaient animées, mais le tout s’est déroulé dans le calme. Finalement, les résidents ont quitté les lieux avec leurs valises, vélos et autres effets personnels. “Ils nous ont demandé de ramasser nos affaires le plus tôt possible afin d’évacuer la place, on respecte leur travail“, réagit l’un d’eux sous couvert d’anonymat.
L’organisme bruxellois Citydev souhaitait récupérer ce bâtiment pour en faire des logements abordables.
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Une vingtaine de militants se sont rassemblés devant la grille du site, sur l’appel du Front Anti-Expulsions. “On voulait montrer qu’il y avait de la solidarité envers les personnes expulsées, que ça ne se passe pas dans le silence et sans aucun regard. Par notre présence, on espérait pouvoir éviter des violences policières ou des arrestations“.
Des policiers anti-émeute sont tout de même arrivés sur place, sans intervenir, tandis que les résidents quittaient le site.
Avec leurs sacs dans les bras, les anciens résidents se demandent désormais où aller : “Pour l’instant, je n’ai pas de solution, je suis à la rue“, nous confie l’un d’eux. Les militants cherchent des solutions de relogement auprès des autorités et du réseau associatif, pour l’instant sans grand succès.
Un van a été prévu pour ramener les affaires des personnes expulsées en lieu sûr, en attendant de trouver une solution, s’ils en trouvent une.
■ Reportage d’Alice Dulczewski