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José van Dam, célèbre chanteur d’opéra bruxellois, s’est éteint à 85 ans

Le chanteur d’opéra José van Dam est décédé mardi à 85 ans, annonce jeudi la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.

La Belgique perd son plus grand ambassadeur de l’art lyrique ; le monde perd une légende qui a, par son génie, marqué l’histoire de l’opéra des XXe et XXIe siècles. Mais pour nous, à la Chapelle Musicale, nous perdons avant tout un mentor, une figure paternelle et une source inépuisable d’intégrité artistique“, a réagi l’institution.

Le baryton-basse était lié à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth depuis 2004, date à laquelle il était devenu Maître en résidence de la section de chant. Il avait passé le relais en 2023, mais restait Maître Emeritus.

Joseph Van Damme, dit José van Dam, était né le 25 août 1940 à Ixelles. Il a étudié le chant au Conservatoire royal de Bruxelles. À la fin de ses études, il se produit à l’Opéra de Paris.

Revoir le passage de José van Dam dans LCR

De 1967 à 1973, il se produit à Berlin, dans le rôle de Leporello du Don Giovanni de Mozart. Sa carrière internationale atteint son apogée lorsqu’il se produit à la Scala de Milan, ainsi qu’au Metropolitan Opera de New York ainsi qu’à Vienne et Londres. “Qu’il incarne le monumental Saint François d’Assise ou qu’il livre ses interprétations inoubliables de Don Quichotte, José ne chantait jamais pour l’applaudissement, mais toujours pour la vérité du personnage“, salue la Chapelle Musicale.

José van Dam, fait baron en 1998 et proche de la reine Fabiola, avait interprété plusieurs airs de Bach et Schubert lors des funérailles de la souveraine en 2014.

En 2004, le Conservatoire royal d’Anvers lui avait décerné le titre de Maestro Honoris Causa.

Il est décédé “paisiblement“, entouré de ses proches.

“Ketje” devenu figure de l’art lyrique

José Van Dam, chanteur lyrique belge au rayonnement international, baryton-basse, a foulé pendant une cinquantaine d’années les planches de nombreuses salles d’opéra aux quatre coins du globe. Mondialement connu, il est resté attaché à Bruxelles, sa ville natale, celle aussi où se trouvait une de ses scènes de prédilection, le Théâtre de la Monnaie.

Né en août 1940, Joseph, de son vrai nom, n’était pas entouré d’une famille de musiciens professionnels. Son père était ébéniste tandis que sa mère tenait un salon de coiffure. Enfant, il fredonne pour accompagner les airs joués par le tourne-disque familial. Il entre dans une chorale amateure, chante au mariage d’un voisin. Il apprend aussi le piano, tout en affirmant une voix prometteuse, voix que la mue, au début de l’adolescence, vient toutefois chambouler. Il fait une rencontre déterminante à l’âge de 14 ans: Frédéric Anspach devient rapidement son professeur et conseiller. Il dira au jeune homme “de se taire pendant deux ans” au moment de sa mue, racontera plus tard le chanteur.

Joseph rentre au Conservatoire de Bruxelles, en ressort un premier prix en poche. Il remporte les concours de Liège et de Toulouse, est engagé ensuite comme chanteur professionnel dans la troupe de l’Opéra de Paris, en 1961. Âgé d’une vingtaine d’années, il y fait ses débuts dans “Les Troyens”, de Berlioz. Après quelques années au Palais Garnier, il passe à l’Opéra de Genève, puis intègre celui de Berlin. Il y rencontre Herbert von Karajan, célèbre chef d’orchestre qui devient avec le temps un de ses amis. Dans les années 1970, sa carrière décolle définitivement, avec des prestations à la Scala de Milan, à Covent Garden (Londres) ou encore à l’Opéra de Vienne.

Au cours des décennies suivantes, il enregistre des dizaines de disques, apparaît au Met de New York ou encore au Festival de Bayreuth. Certains de ses rôles marqueront sa carrière. Celui de Leporello, dans Don Giovanni de Mozart, sera longtemps son rôle fétiche. Il tient le rôle principal dans la création de l’opéra Saint François d’Assise, d’Olivier Messiaen, en 1983. A Liège, en 1997, il marche dans les pas de Jacques Brel en reprenant son Don Quichotte, dans L’Homme de la Mancha.

Le chanteur se fait également acteur, dans les films musicaux “Don Giovanni”, de Joseph Losey (1979), et “Le Maître de musique”, du Belge Gérard Corbiau (1988). “Le Maître de musique” sera d’ailleurs le deuxième film belge à être nommé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, en 1989. José Van Dam y incarne le mentor d’une jeune chanteuse, lancée dans un concours organisé par le grand rival du “maître”. Ce rôle fait écho au véritable goût de l’artiste pour l’enseignement et l’accompagnement des plus jeunes. José Van Dam devient d’ailleurs, dès 2004, maître en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Il transmet sa règle d’or: bien prononcer, marquer les consonnes du texte.

Joseph Van Damme, de son nom complet, est fait baron par le roi Albert II en 1998, et, en France, Chevalier de la Légion d’honneur.

Le Bruxellois décide de mettre un terme à sa carrière à l’opéra en 2010 à l’aube de ses 70 ans, dont 50 passés à user ses semelles sur les planches. En mai de cette année-là, il fait ses adieux dans sa ville natale. Ce sera à la Monnaie, où il s’était produit à de nombreuses reprises, essentiellement à partir des années 1980 quand l’opéra bruxellois était dirigé par le très engagé Gérard Mortier. Il y incarne un personnage qui lui correspond bien, un idéaliste naïf et noble de cœur: “Don Quichotte”, de Jules Massenet, dans une mise en scène du Français Laurent Pelly et sous la direction du chef d’orchestre Marc Minkowski. C’est une production sur mesure pour le Bruxellois. Le spectacle sera diffusé sur grand écran sur la Grand-Place.

Si le chanteur quitte l’opéra, il continue cependant à donner des récitals et poursuit son activité d’enseignement auprès de jeunes espoirs. Il reste aussi fidèle au Concours Reine Elisabeth où il figure régulièrement dans le jury. L’attachement du public belge ne semble pas s’estomper. Pour célébrer les 75 ans de l’artiste, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth a organisé en mars 2014 un concert au Palais des Beaux-Arts.

L’artiste était resté accessible et simple, mais aussi très discret sur sa vie privée. “Je suis toujours d’un naturel assez timide… sauf en scène”, avouait-il en mai 2023 au micro de la RTBF (Musiq3, “La Conversation”). Entre-temps, il avait osé s’aventurer du côté du tango ou encore de la chanson française.

Belga – Photo : Belga Image

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