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I-Police : “Je n’ai rien à cacher et je maintiens ma position”, déclare la ministre Annelies Verlinden devant la Chambre

La ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), s’est défendue avec force mercredi devant la Chambre au sujet du dossier i-Police. “Je n’ai rien à cacher et je maintiens ma position“, a-t-elle déclaré mercredi en commission de la Chambre lors d’un débat d’actualité où elle s’est montrée particulièrement offensive.

Celle qui était ministre de l’Intérieur sous la précédente législature a pointé son prédécesseur à ce portefeuille Jan Jambon, les partis de la précédente coalition Vivaldi qui ne siègent plus au gouvernement (PS, Anders, Ecolo-Groen), les accusant de se “laver les mains“, ou encore la presse.

Ces dernières semaines, de nombreuses informations ont fuité dans les médias concernant l’échec de ce projet de numérisation de la police. Un audit de la Cour des comptes commandé par la Chambre a ainsi révélé que le projet, dont le pilotage a été confié à la société française de conseil Sopra Steria en 2021, et finalement avorté en 2025 faute de résultats satisfaisants, a impliqué des dépenses pour 139,4 millions d’euros en tout.

Une autre polémique a éclaté à la suite de l’inculpation du porte-parole de Mme Verlinden et d’une porte-parole du parquet de Bruxelles. Cette dernière aurait transmis au cabinet de la ministre des informations issues de l’instruction en cours sur i-Police.

Enfin, la ministre fait aussi l’objet de critiques pour avoir travaillé dans le passé chez DLA Piper, le cabinet d’avocats qui défend le consultant informatique Sopra Steria dans le litige relatif à i-Police. Son conjoint serait même un cadre de ce même cabinet.

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La ministre est restée silencieuse ces derniers jours. “J’ai choisi de ne pas m’adresser aux médias, car je souhaitais avant tout rendre des comptes au Parlement“, a-t-elle déclaré d’emblée.

Sur le rapport de la Cour des comptes, Annelies Verlinden a assuré que les montants dépensés n’étaient pas totalement perdus. Au-delà de la procédure en dommages et intérêts lancée par l’État belge, certains dispositifs sont utilisés, par exemple dans le cadre de la plateforme interne GPI.

La ministre a aussi expliqué que son porte-parole n’avait contacté le parquet de Bruxelles que pour réagir à ce qu’elle considérait comme des informations erronées parues dans De Standaard.

Elle a vivement critiqué les révélations publiées ces derniers jours. “Les mots utilisés sont inappropriés, car derrière ces communications sensationnelles, il y a des gens“, a-t-elle souligné. “Nous ne pouvons l’accepter dans un État de droit.” La ministre a appelé à tracer une “frontière entre faits et spéculations.” “Je peux difficilement justifier des choses qui n’existent même pas“, a-t-elle affirmé.

“Vous nous prenez pour des imbéciles”

Dans l’opposition, les mots étaient durs à l’encontre de la ministre. Arthur Orlians (Anders) l’a accusé de “répondre sans répondre“. “Vous nous prenez pour des imbéciles“, a-t-il lancé.
Matti Vandemaele (Ecolo-Groen) a pris au mot la ministre dans sa volonté de transparence, se demandant si le CD&V allait approuver la demande d’installer une commission d’enquête sur le sujet. “Vous dites avoir parlé en toute transparence ? C’est faux !“, a accusé Julien Ribaudo (PTB), soulignant ses prises de parole formulées après les révélations.

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“Vous dites que vous assumez toutes les décisions… mais lesquelles ?“, a ironisé Ridouane Chahid (PS). “À côté de la responsabilité judiciaire, il y a la responsabilité politique“, a souligné François De Smet (DéFI).

Franky Demon (CD&V) a pris la défense de la ministre issue de son parti. “Certains ont cru nécessaire de lancer dans la presse des suspicions et des accusations“, a-t-il lancé sous les protestations de plusieurs élus.

Dans la majorité, Ismaël Nuino (Les Engagés), Brent Meuleman (Vooruit) et Maaike De Vreese (N-VA) se sont concentrés sur le rapport de la Cour des comptes et les leçons à en tirer pour de futurs grands projets et réformes.

Belga – Photo : Belga Image