Fin du tronc commun : “Nous espérons que les textes arriveront plus rapidement cette fois”
Suite à la tenue de la première réunion du comité d’avis, la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), a annoncé la fin du tronc commun prévu dans le Pacte pour un enseignement d’excellence. Elle a annoncé une série de mesures. Mais comment le monde de l’enseignement et particulièrement les directions d’école réagissent à ces nouveaux changements ? Francis Penning de la CSC Enseignement et Patrick Lenaerts, directeur du secondaire pour le Segec, étaient les invités de Bonsoir Bruxelles.
De son propre aveu, la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, a mis à mort le tronc commun mais pas sa philosophie. Il n’y a donc plus de grilles communes pour tous jusqu’à la 3ᵉ secondaire. Les élèves auront deux fois trois heures d’activités orientantes à choisir parmi huit domaines : langues modernes et pratique de la communication ; littérature, langue de culture, art et expression ; culture, art, création, technique artistique et artisanat ; santé, éducation physique, bien-être et technique de soin ; mathématiques et sciences appliquées ; technologies et techniques appliquées ; environnement, sciences, techniques de la terre et du vivant, mais aussi gestion de projets économiques, sociaux et environnementaux.
Les langues seront renforcées avec l’obligation d’apprendre une 2ᵉ langue dès la deuxième secondaire et pour 2029, le néerlandais devrait devenir obligatoire dès la 3ᵉ primaire. C’est aussi la fin du passage d’office entre la 1ᵉʳᵉ et la 2ᵉ secondaire. Sont également ajoutées deux heures obligatoires de cours de philosophie et citoyenneté. Cela concernera la 1ᵉʳᵉ primaire et la 4ᵉ secondaire dès 2029 pour l’enseignement officiel.
Le comité d’avis a permis de relancer le dialogue, même s’il ne s’agit que d’un comité d’avis et ne prend pas la place de la concertation. Pour les directions d’école, ces multiples changements sont compliqués à vivre. “C’est le grand reproche que nous faisons. Le temps politique n’est pas celui de l’école et le politique ne l’a pas pris en compte, commente Patrick Lenaerts du Segec. Ce temps ne permet pas la meilleure organisation possible. Ici, nous espérons que les textes vont arriver rapidement pour permettre une bonne organisation. Aujourd’hui, un élève, on ne peut pas lui dire ce qu’il va faire en 2ᵉ secondaire.”
Les domaines qui seront choisis ne seront pas déterminants. Les élèves pourront poursuivre dans la 4ᵉ qu’ils souhaitent, même si ce n’est pas l’option qu’ils ont choisie auparavant.
Pour la CSC, il faudra voir si toutes les écoles pourront proposer les mêmes activités. “Il faudra voir également si nous n’avons pas de perte d’emplois, ajoute Francis Penning de la CSC. Nous avons vu que les annonces précédentes n’étaient pas toujours réelles. Il faudra donc être attentif pour utiliser aussi l’expérience de ce personnel qui se retrouverait mis sur le côté.”
► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h
■ Une interview de Francis Penning et Patrick Lenaerts au micro de Fabrice Grosfilley et Vanessa Lhuillier dans Bonsoir Bruxelles