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Faits de torture dans la rue aux Laines : les peines de trois prévenus réduites, dont celle du chauffeur de taxi

La cour d’appel de Bruxelles a réduit mercredi les peines de trois prévenus, initialement condamnés à 15 ou 10 ans d’emprisonnement pour la séquestration d’une victime et les faits de torture commis sur ce jeune homme, dans la nuit du 12 au 13 avril 2023, entre le quartier du Peterbos (Anderlecht) et la rue aux Laines (Bruxelles).

Le chauffeur de taxi (Y.D.), qui plaidait l’acquittement dans cette affaire, voit sa peine réduite à 6 ans d’emprisonnement, plutôt que 10 ans comme l’avait prononcé le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles le 22 avril 2025. Le procureur général demandait son arrestation immédiate, mais la cour ne l’a pas suivi sur ce point. Y.D. est donc ressorti libre de l’audience mercredi.

Me Nathalie Gallant a rappelé que son client n’était plus sous bracelet électronique et qu’il n’y avait pas de risque de fuite, le concernant. Il est présent à chacun de ses rendez-vous au palais de justice, a-t-il plaidé.

Inculpé dans deux autres affaires, dont une fusillade mortelle de septembre 2023, Y.D. fait partie des prévenus regroupés dans le procès dit “Peterbos”, qui doit démarrer le 2 novembre devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles.

Le prévenu K.S. (défendu par Me Nicolas Cohen et Luka Filipovic) a également obtenu une réduction de peine, passant de 15 ans à 13 ans d’emprisonnement. S’il reste responsable des faits de torture commis sur la victime, la cour a écarté la circonstance aggravante de la menace de mort.

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Ses deux avocats, qui ne disposent pas encore des motivations complètes de la cour, espèrent que l’arrêt sera plus motivé qu’en première instance. Si l’arrêt retranscrit correctement les aveux et les regrets exprimés par le prévenu devant la cour d’appel, le texte sera une bonne base de travail à venir sur la réinsertion du prévenu.

Dans sa révision des faits commis entre le 12 et le 13 avril 2023, la cour d’appel de Bruxelles a également écarté la présence de la partenaire du jeune homme torturé, ce qui clarifie la compréhension des événements, entre la séquestration entamée au Peterbos et les faits de torture qui ont suivi, au centre de Bruxelles.

Le prévenu S.T. a quant à lui été acquitté de l’ensemble des éléments retenus contre lui par les premiers juges. Voisin du garage où les faits de torture ont été commis, il avait toujours clamé son innocence. Son ADN a été trouvé sur les lieux parce qu’il se rendait fréquemment devant ce garage pour fumer, avait-il expliqué lors des débats.

Enfin, le prévenu A.A.W., défaillant et condamné à 15 ans en première instance, a été acquitté des faits de séquestration et de torture. Il reste cependant coupable de faits relatifs à des stupéfiants. La cour d’appel l’a dès lors condamné à 30 mois d’emprisonnement pour ce volet de l’affaire.

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La victime de torture a subi de multiples sévices durant la nuit du 12 au 13 avril 2023. Le jeune homme a été noyé, roué de coups donnés entre autres avec un extincteur, brûlé sur plusieurs parties du corps. Les auteurs lui ont amputé deux sections de doigts avec une machette. Cette scène, filmée par les auteurs et obtenue par les enquêteurs, avait été projetée durant le procès d’appel, après une invitation de la juge à quitter la salle d’audience en prévision des images violentes.

Le jeune homme n’avait aucun lien avec de trafic de stupéfiants. Il a été torturé pour lui extorquer de l’argent dont il ne disposait pas, avait-il exprimé devant la cour.

Belga – Photo : Belga Image