Enlèvement violent à Uccle en janvier: cinq ans requis contre deux prévenus récemment condamnés
Le ministère public a requis mardi cinq ans d’emprisonnement contre deux prévenus, I.B. et M.B., entendus par le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles pour l’enlèvement d’une victime, préalablement frappée à la tête avec une arme blanche, le 13 janvier 2026 à Uccle. Les deux hommes ont été condamnés très récemment, en juin et en octobre, par le même tribunal pour des faits de violence commis en 2025 et en 2026, à Bruxelles.
Si le tribunal suit la proposition du parquet, la durée de l’emprisonnement des deux hommes pourrait doubler, voire tripler.
I.B. a été condamné cette année, en première instance, à huit ans d’emprisonnement pour des faits commis le 9 et le 17 juin 2025 dans le quartier Nord, et à cinq ans d’emprisonnement pour des faits commis le 8 janvier 2026, également dans le quartier Nord.
Concerné par les mêmes affaires, M.B. a d’abord été condamné à cinq ans d’emprisonnement, et ensuite à 1.000 euros d’amende.
Pour éviter le cumul de peines, leurs avocats ont insisté mardi auprès du juge correctionnel pour qu’il applique l’article 62 du nouveau code pénal, ou l’article 65 de l’ancien code, qui imposent aux juges de tenir compte des premières peines prononcées lors de faits commis dans un même concours. Dans le cas des deux prévenus, les différents faits de violence ont ou auraient été commis à moins de neuf mois d’écart.
“Il faut tenir compte des sanctions précédentes, sinon la spirale ne fait que se renforcer”, a plaidé Me Guillaume Lys, qui défend le prévenu M.B., conducteur du véhicule utilisé pour enlever la victime.
“Mon client n’a pas de papiers. Rien n’est prévu pour sa réinsertion. Il ira à fond de peine, pour chacune de ses peines. Alors il faut éviter l’accumulation de peines supplémentaires”, a plaidé Me Caroline Dumoulin, conseil de I.B.
Selon le parquet, quatre hommes — dont I.B. et M.B. — sont responsables des faits survenus le 13 janvier 2026 à Uccle, vers 21h00, rue des Alisiers. Une partie de la scène, survenue en pleine rue, avait été filmée par plusieurs voisins. Les images montrent une victime blessée au niveau du crâne, d’abord chargée dans un coffre, puis déplacée de force vers la banquette arrière de la voiture.
La police, appelée par le voisinage, avait pris le véhicule en fuite à partir de sa montée sur l’autoroute E19, au niveau de Drogenbos. Selon le parquet, les quatre prévenus voulaient se rendre en France. Selon les avocats de la défense, les cinq hommes (quatre ravisseurs et une victime) voulaient initialement rejoindre la gare du Midi, pour y récupérer une somme d’argent que la victime n’aurait pas rendue à l’un des membres du groupe.
La course-poursuite entre le véhicule suspect et la police (en voiture, mais aussi en hélicoptère) s’est déroulée sur 50 kilomètres. M.B., au volant, a conduit le véhicule à plus de 160 km/h, montant parfois jusqu’à 200 km/h. Les prévenus ont jeté plusieurs objets par les fenêtres, dont une machette. Selon le parquet, il s’agit de l’arme utilisée pour blesser la victime. Entaillée au niveau du crâne, à près de 10 endroits, la victime a été en incapacité pendant plusieurs jours après les faits. Elle n’était pas partie civile au procès. Il s’agirait d’une personne active dans la vente de stupéfiants. La victime était arrivée des Pays-Bas le soir des faits, selon les éléments développés à l’audience mardi par la procureure.
La police a finalement intercepté la voiture, les suspects et la victime de l’enlèvement au niveau de la commune de Roeulx (Hainaut), après Nivelles. Les objets jetés par les fenêtres ont été retrouvés par les enquêteurs. Les trois suspects qui avaient, dans un premier temps, donné une fausse identité aux policiers ont ensuite été correctement identifiés. L’un d’eux venait d’Allemagne, et souhaite y retourner au plus vite pour y retrouver sa famille.
Le quatrième et dernier prévenu de cette affaire vivait à Bruxelles depuis quatre mois à peine, et venait initialement de Suisse. Défendu par Me Mathieu Magis, il soutient qu’il était “au mauvais moment, au mauvais endroit” le soir des faits. Après avoir fait dix mois de détention préventive, il conteste l’ensemble des préventions et demande le sursis simple “le plus large possible”.
La procureure requiert trois ans d’emprisonnement contre les deux autres hommes ayant participé aux faits. Elle estime que les coups ont été portés avec la machette. La défense des prévenus, et Me Caroline Dumoulin en tête, ne soutient pas cette thèse. La pénaliste a souligné mardi l’absence d’ADN de la victime sur ce grand couteau, alors que de l’ADN de la victime a été retrouvé sur deux autres couteaux, plus petits.
Le tribunal a pris l’affaire en délibéré. Il remettra son jugement le 1er décembre.
Belga