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“Du duo au duel:” près de 200 pages pour analyser la relation artistique et amicale d’Hergé et Jacobs

Les Bruxellois Hergé et Edgar Jacobs sont deux références majeures de la ligne claire en bande dessinée. Leur rencontre au début des années ’40 a donné lieu à une collaboration artistique inédite. Eric Verhoest revient sur cette “amitié créative” dans “Hergé-Jacobs, du duo au duel”, coédité par Casterman et Moulinsart. L’ouvrage sort ce mercredi.

Après la rencontre des deux hommes au théâtre des Galeries à Bruxelles en 1941, l’auteur évoque la genèse du partenariat, marquée par un premier refus de Jacobs. Ce dernier donne néanmoins des coups de main ponctuels à Hergé dès la fin 1943 et, contractuellement, l’activité commune est initiée au début de l’année 1944. Les deux géants de la BD vont œuvrer ensemble trois années durant. C’est à cette époque que l’éditeur Casterman insiste auprès d’Hergé pour passer à la couleur, un procédé que maîtrise Edgar Jacobs. “Optimiser le travail sur la couleur devient si primordial qu’Hergé comprend l’intérêt d’avoir un véritable artiste à ses côtés pour valoriser ses créations“, écrit Eric Verhoest.

La sortie en septembre 1946 de l’hebdomadaire Tintin va évidemment profiter au jeune reporter créé par Hergé, mais d’autres auteurs amènent leur héros de cases dans cette aventure éditoriale. Les premières planches de “Blake et Mortimer” sont ainsi publiées dans le magazine et le succès ne se fait pas attendre. “Jacobs s’affirme. (…) Mais l’hebdomadaire engendre un volume de travail aux limites de l’impossible. ‘Blake et Mortimer’ oblige Jacobs à réduire sa collaboration avec Hergé. Passer d’un univers à l’autre nécessite un temps de recul considérable tant leur style graphique diffère.”

Dualité

Le tandem Hergé-Jacobs prend fin en 1947. Eric Verhoest évoque alors les trajectoires distinctes des deux auteurs, et leur relation épistolaire, notamment lorsqu’Hergé se retire en Suisse.

Dans un ouvrage de près de 200 pages, abondamment illustré, et à la lumière de commentaires d’acteurs du Neuvième Art comme François Schuiten, Benoît Peeters, Benoît Mouchart ou encore de dessinateurs qui ont continué à animer les héros de Jacobs, comme André Juillard et Antoine Aubin, l’auteur dissèque les “jeux d’influence” qui ont animé les deux protagonistes. “On en revient toujours à cette dualité (…): Jacobs, héritier du roman fantastique et de l’expressionnisme allemand, côtoie Hergé, influencé par l’humour anglais et le burlesque américain. L’univers de Jacobs est dramatique et baigne dans le clair-obscur, celui d’Hergé mélange la légèreté, l’aventure et l’humour.” Et cette divergence s’observera également dans la vision posthume que chacun aura de sa propre œuvre, Hergé indiquant explicitement que les exploits de Tintin s’arrêteraient après sa mort, contrairement aux péripéties de Blake et Mortimer.

Avec Belga

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