Dirk De Block sur l’étranglement financier du Fédéral: “Les communes doivent faire front commun”
Dirk De Block était l’invité de Bonjour Bruxelles ce lundi matin.
Jeudi dernier, le conseil communal de Molenbeek a approuvé le budget 2026 (25 voix pour, 7 contre et aucune abstention). Un budget qui reste toutefois dans le rouge, avec un déficit de plus de 300.000 euros. Pour tenter de redresser les finances communales, la majorité a récemment procédé à 40 licenciements : 20 au CPAS et 20 au sein de l’administration communale. “Aucun licenciement n’est juste. C’est très brutal pour les personnes concernées. Mais aujourd’hui, nous avons le couteau sous la gorge”, déplore Dirk De Block.
L’échevin est également revenu sur la situation financière particulièrement tendue de la commune. “Nous avons accumulé un déficit de 13 millions d’euros. Si l’on ajoute celui du CPAS, on atteint 18 millions. Dans ces circonstances, nous devons négocier avec les banques et la Région pour obtenir de l’aide. En contrepartie, on nous demande de réaliser plusieurs millions d’euros d’efforts structurels.”
Selon lui, les causes de cette situation sont multiples. “Il existe un sous-financement structurel des communes. Un tiers de nos dépenses correspond à des charges imposées par le Fédéral. Pour une commune comme Molenbeek, cela représente 75 millions d’euros, c’est énorme. Nous ne pouvons plus assumer seuls cette charge, qui a augmenté de 25 millions en quelques années.”
Ces économies auront inévitablement des conséquences sur les services rendus à la population. “Nous avons dû fusionner certains services et certaines missions ne seront plus assurées. Les besoins sociaux augmentent à Molenbeek, mais nous sommes malgré tout contraints de réduire les services à la population.”
L’élu du PTB cite plusieurs exemples concrets. “Les deux bibliothèques communales vont fusionner. La ludothèque sera également touchée et cinq postes de gardiens de la paix seront supprimés.”
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Pour lui, le gouvernement fédéral porte une part importante de responsabilité en procédant à un important transfert de charges vers les communes. “Nous essayons de résister à cet étranglement financier. Nous avons réduit nos dépenses, mais Molenbeek dispose de très peu de leviers pour augmenter ses recettes. Nous avons donc besoin d’un refinancement par le Fédéral et la Région. Dans les conditions actuelles, il est impossible de survivre si l’on continue à nous imposer de nouvelles charges.”
L’échevin pointe également la future fusion des zones de police. “Quoi qu’il arrive, cette réforme coûtera entre un et trois millions d’euros à la commune. Nous risquons de devoir supprimer un service communal pour la financer. Nous allons perdre des moyens dans la culture ou dans d’autres services pour financer cette réforme. Si le Fédéral ne prend pas en charge les coûts qu’il nous impose, comme ceux liés à l’exclusion des chômeurs, ce sont les communes qui paient la facture. C’est devenu intenable. Nous devons être financés à la hauteur des besoins.”
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L’échevin a-t-il été entendu par le Fédéral ? “Seulement sur le déficit hérité du passé, mais pas sur les problèmes structurels. Nos recettes n’évoluent pas au même rythme que nos dépenses et les dotations ne suivent pas le coût de la vie. Nous n’avons toujours pas été entendus sur ce point essentiel. À mes yeux, les communes doivent faire front commun, car une dizaine d’entre elles risquent de se retrouver dans le rouge. Plutôt que de financer des F-35, le gouvernement devrait refinancer les pensions et la police.”
Une interview de Dirk De Block par Vanessa Lhuillier dans Bonjour Bruxelles