Deux femmes transgenres agressées dans le centre de Bruxelles: “Ils auraient pu voler nos vies”
Une soirée qui devait se poursuivre dans le centre de Bruxelles s’est transformée en véritable traumatisme pour deux femmes. Une association LGBTQIA+ met aujourd’hui en garde contre un climat qu’elle juge de plus en plus préoccupant.
■ Reportage de Charlotte Verbruggen, Nicolas Scheenaerts et Pierre Delmée
Deux femmes transgenres ont été agressées et dépouillées dans la nuit de samedi à dimanche dans le centre de Bruxelles. La police enquête notamment pour vol avec violence et incitation à la discrimination, à la violence ou à la haine. Aucun suspect n’a encore été interpellé.
La soirée a commencé par une altercation à proximité de la rue du Midi, près du quartier LGBTQIA+ de Bruxelles. Selon l’une des victimes, des hommes auraient tenu des propos transphobes avant de frapper son amie. Les deux femmes ont ensuite quitté les lieux. Alors qu’elles rentraient chez elles, elles auraient été prises à partie une nouvelle fois, rue de Bodegem, par deux personnes descendues d’un véhicule. Elles auraient reçu plusieurs coups et leurs affaires ont été dérobées. L’une des victimes aurait notamment reçu des coups à la tête. Son amie aurait été tirée par les cheveux et présentait des plaies ouvertes au visage et au cou.
Hailie Racco, l’une des deux victimes, témoigne : “Je suis choquée. Encore cette nuit j’ai eu du mal à dormir, je me suis mise à pleurer.” Elle revient sur cette seconde attaque : “On a vu que c’était eux mais on ne pouvait plus s’échapper, on avait juste à se taire et encaisser les coups donc on s’est vite retrouvées au sol. Ils ont pris nos affaires et ils sont partis. Ils ont volé nos affaires mais ils auraient pu voler nos vies c’est ça le plus choquant, on a vraiment échappé au pire.”
Une enquête en cours
Les deux victimes ont pu prévenir la police après les faits. La zone Bruxelles-Capitale/Ixelles confirme l’agression et précise qu’un procès-verbal a été dressé pour vol avec violence ainsi que pour incitation à la discrimination, à la violence ou à la haine. L’enquête se poursuit afin d’identifier les auteurs. Le caractère transphobe des faits doit encore être établi officiellement.
La RainbowHouse alerte toutefois sur la situation actuelle. “Le climat en ce moment est en train de se détériorer. J’explique cela aussi par le fait que nos gouvernements actuels ne font plus grand chose pour la prévention qui est pourtant très importante”, explique Priscilla Everaerts, administratrice.
La rédaction