Des associations se mobilisent à Bruxelles pour sensibiliser à la réalité du sans-abrisme
Plusieurs associations (la Fédération Bico, Infirmiers de rue, l’AMA, Le Syndicat des Immenses, L’Ilot et le Smes) ont organisé jeudi matin une action de sensibilisation devant la gare de Bruxelles-Central. Cette mobilisation s’inscrivait dans le cadre des Housing Action Days, qui se tiennent cette semaine, et visait à interpeller citoyens et décideurs politiques sur l’urgence d’agir pour garantir un accès au logement pour toutes et tous.
Regroupés sur le Carrefour de l’Europe, des travailleurs du secteur ont distribué aux passants des flyers soulignant la réalité du sans-abrisme et du sans-chez-soirisme. Des acteurs de terrain ont également pris la parole, pendant qu’un écran diffusait les constats et les demandes des associations.
“En 2021, la Belgique a signé la Déclaration de Lisbonne avec comme objectif de mettre fin au sans-abrisme d’ici 2030. Il reste 3 ans, 9 mois et 6 jours…”, rappellent les associations. “À Bruxelles, en 15 ans, le nombre de personnes sans-chez-soi a plus que quintuplé, passant d’environ 2.000 à près de 10.000 aujourd’hui” précisent-elles. “On ne va pas dans la bonne direction”.
Mettre fin au sans-abrisme est cependant possible, selon Adrien Lecompte, directeur de la Fédération Bico, une ASBL qui rassemble des maisons d’accueil et des services d’accompagnement et d’aide en faveur des personnes en difficulté, sans-abri et sans-chez-soi en Région de Bruxelles-Capitale. “Mais cela suppose de rompre avec des politiques actuelles, trop peu ambitieuses, qui paupérisent, qui excluent, qui stigmatisent. Cela suppose aussi de considérer le logement non pas comme une marchandise, mais comme un droit. Cela suppose d’admettre que derrière chaque personne en rue, il y a un échec collectif”, explique-t-il.
Les associations plaident pour un plan massif de création de logements sociaux pour pallier la pénurie, un encadrement réel des loyers, des logements adaptés aux familles, le développement des services d’accompagnement au logement et une régularisation avec des critères clairs pour les personnes sans-papiers. “On lutte pour que les personnes sans-chez-soi aujourd’hui puissent bénéficier d’un logement, mais aussi pour éviter que des gens en situation précaire soient demain dans la rue”, conclut Adrien Lecompte.
Un grand rassemblement est prévu vendredi place de la Bourse pour faire entendre ces revendications.
Belga