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Déclaration de politique régionale : “un accord de couloir”, “un manque de vision”, l’opposition décoche ses premières flèches

Gouvernement d’austérité, manque de chiffres, de calendrier, de programmation budgétaire claire : telles ont été les premières salves de l’opposition francophone PTB et Ecolo, rejointe sur ces points par la Team Fouad Ahidar, contre la déclaration de politique générale lue la veille par le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR).

Désormais première formation de l’opposition, le PTB a ouvert le bal d’une longue journée de débats. “Vous tentez d’imposer à Bruxelles une politique d’austérité dure qui n’a jamais été demandée par la majorité des électeurs bruxellois“, a dit d’emblée la cheffe de groupe de la formation d’extrême gauche, Françoise De Smedt. Celle-ci a reproché aux formations de la nouvelle majorité MR-PS-Engagés; Groen-Anders-Vooruit-CD&V de préférer cette voie à celle de la lutte contre “le sous-financement que le gouvernement Arizona a décidé d’aggraver“.

Pour l’élue d’extrême gauche, trois lignes fortes se dessinent dans la déclaration: austérité, loyers chers et immobilité. Ce sont des services, des emplois, notamment 2.000, peut-être 3.000 “dans la fonction publique“, et des associations en moins, des tarifs qui augmentent, notamment par le biais de la facture d’eau.

Fouad Ahidar s’en prend au ministre-président

Fouad Ahidar a reproché à Boris Dilliès de demander au Parlement d’accorder sa confiance et de voter des économies dont il ne connaît ni le contenu précis, ni le périmètre, ni l’impact humain et organisationnel. “Vous produisez une DPR de 24 pages, bricolée, creuse, négociée en 48 heures, comme un accord de couloir. Ce n’est même pas une ligne par jour pour les 613 jours…“, a commenté le chef de file de la Team Fouad Ahidar.

Celui-ci s’en est également pris au nouveau ministre-président libéral, “un homme qui n’a pas de problème à liker les vidéos d’un certain Robert Ménard, figure d’extrême droite française; qui a réprimé les manifestations de soutien à Gaza dans sa commune; qui a accepté de laisser flotter le drapeau israélien sur l’hôtel de Ville d’Uccle mais dont on attend encore d’y voir le drapeau palestinien…

Lire aussi | Qui est Boris Dilliès, le nouveau ministre-président de la Région bruxelloise ?

Ecolo déplore le manque de vision

Pour Zakia Khattabi (Ecolo), “il manque d’une vision mobilisatrice pour Bruxelles, un fil conducteur reliant le budget au climat, le logement à la cohésion urbaine, ou la question environnementale à la question sociale…” À la place, la discipline budgétaire structure le projet, ne semblant servir aucune ambition écologique, sociale ou démocratique identifiable et tenant lieu de véritable colonne vertébrale en tant que telle, a-t-elle souligné.

DéFI met en garde contre des dépenses sous-estimées et des recettes surestimées

De son côté, Jonathan de Patoul (DéFI) a jugé que le retour à l’équilibre annoncé pour 2029 reposait sur des hypothèses fragiles de dépenses sous-estimées, de recettes surestimées, ainsi que sur la non intégration de politiques nouvelles coûteuses dans la trajectoire budgétaire. “Ce scénario nous rappelle le gouvernement fédéral, réclamant des efforts supplémentaires à chaque exercice budgétaire. Pendant que la majorité soigne sa mise en scène, les réformes structurelles qui ont mené à cette crise inédite ont disparu. Pas de réforme du système électoral bruxellois pourtant responsable de l’interminable blocage politique. Rien sur le Code du bien-être animal. Silence total sur la neutralité dans les services publics“, a-t-il déploré.

À ses yeux, le MR qui promettait de tout régler en 100 jours a cédé sur les priorités du PS et de Groen : refinancement du projet Kanal, maintien du niveau élevé de dépenses en matière de logement social, simple “rebranding” de Good Move en Better Move.

Fabian Maingain (lib.res) dont l’intervention était prévue pour l’après-midi, a jugé que l’on était passé d’un gouvernement en affaires courantes à un gouvernement provisoire qui appuiera son action sur une Déclaration de Politique Générale réduite, “qui malheureusement réduit aussi les ambitions et les promesses de changement dont Bruxelles a besoin“.

Pour la N-VA, l’équilibre budgétaire en 2029 est “totalement invraisemblable”

Le chef de la N-VA, Gilles Verstraeten, s’est également montré très critique à l’égard de l’accord de gouvernement, mais avec d’autres accents. Il s’agit pour lui d'”un chiffon de papier de 24 pages contenant des promesses vagues, rédigé à la va-vite en trois jours par trois partis qui devaient se mettre d’accord rapidement, car certains devaient partir au ski et certains scandales commençaient à devenir vraiment trop brûlants. Et quatre autres partis (ndlr: les néerlandophones) se sont prosternés devant eux“.

Pour l’élu nationaliste flamand, l’équilibre budgétaire en 2029 est “totalement invraisemblable“. Les dépenses supplémentaires semblent assez bien établies, mais on se demande d’où viendront réellement les économies. “We zullen zien“, a-t-il conclu, reprenant ironiquement, en chœur avec de nombreux autres orateurs de l’opposition, la phrase prononcée par Boris Dilliès à l’occasion de son entrée-surprise dans l’arène politique régionale.

Notre dossier sur la Déclaration de politique régionale

Avec Belga – Photo : Belga

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