Décès d’Otmane Souieh : le médecin légiste confirme que les multiples coups ont mené au décès de la victime
Dans ce procès, Mohammad Ahmadi, Norddin Mousati et Yassine Hourra sont accusés d’avoir soumis Otmane Souieh à la torture les 10 et 11 août 2023 dans le quartier Cureghem à Anderlecht, jusqu’à causer sa mort sans intention de la donner. Les trois accusés se renvoient la responsabilité des coups portés.
Des lésions sur les membres inférieurs et le dos, “typiques de l’utilisation d’un objet comme une matraque ou une barre de fer”, une lésion sur le nez, des hématomes sur la tête aussi, cinq côtes cassées. Le médecin légiste a égrené lundi la longue liste des blessures subies par Otmane Souieh, décédé le 11 août 2023. Devant la cour d’assises de Bruxelles, il a précisé que la cause du décès est la perte de sang majeure dans les muscles, engendrée par la multiplicité des coups, suivie par un choc hémorragique. Le docteur a également évoqué des ecchymoses “un peu linéaires” au niveau des poignets, “qui peuvent évoquer la mise en place de liens”.
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Le médecin légiste a examiné le corps de la victime à deux reprises, le jour du décès à l’hôpital Saint-Pierre et dans un second temps pour l’autopsie. Alors que le père d’Otmane Souieh avait quitté la salle d’audience à l’annonce de la diffusion d’images difficiles, il a présenté à la cour les résultats de ses observations. La victime présentait notamment des lésions superficielles sur le visage, une oreille tuméfiée et des ecchymoses sur le bras gauche qui font penser à des signes de préemption, à des traces de doigts. Le médecin décrit également de “petites plaies crouteuses”, provoquées par “un objet piquant ou tranchant”, et des lésions très étendues “en rail de tram”, parallèles, sur les membres inférieurs ainsi que sur le dos.
Douleurs de force 8 sur 10
D’après lui, ces traces sont “typiques de l’utilisation d’un objet comme une matraque ou une barre de fer”. Ces lésions profondes ont entraîné des hémorragies “extrêmement importantes” au niveau musculaire, aux cuisses et aux mollets notamment. “Il y a eu tellement de coups que les tissus ont été décollés”, ajoute le médecin. Le cœur pompe alors presque à vide parce qu’il n’y a plus assez de sang.
Il précise que les blessures ont été occasionnées lors d’un processus “plus long que cinq à dix minutes”, qui a pu durer “plusieurs dizaines de minutes” avant le premier arrêt cardiaque. Il n’écarte pas que le calvaire de la victime se soit étendu sur plusieurs heures.
Toutes ces lésions ont entrainé des douleurs “importantes”, de force 8 sur une échelle de 1 à 10 en ce qui concerne les côtes, estime le médecin.
Belga – Photo : Belga