À cheval sur trois communes, faut-il régionaliser l’avenue Legrand ? “Son aménagement est constitué de patchworks”
Le conseiller communal et ancien échevin de l’Urbanisme et de la Mobilité Yves Rouyet (Ecolo) propose de régionaliser l’avenue Legrand, pour en améliorer la gouvernance. Il a déposé une proposition de motion en ce sens au conseil communal d’Ixelles en janvier dernier. La voirie, communale, est en effet répartie sur trois communes, Ixelles, Uccle et la Ville de Bruxelles, sans compter la STIB, responsable des aménagements entre les voies de tram. En outre, l’avenue est enchâssée entre deux voiries régionales, l’avenue Louise et la chaussée de Waterloo.
Le déclencheur, explique Yves Rouyet, c’est l’installation dans l’avenue d’une nouvelle école qui demande à la commune d’Ixelles l’aménagement d’un passage pour piétons et la sécurisation de ses abords. Ce qui s’annonçait comme une formalité s’avère en réalité plus compliquée que prévu. Car l’école a deux sites, l’un d’un côté de l’avenue et l’autre juste en face. La décision dépend donc de plusieurs acteurs, la commune, mais aussi la STIB.
De plus, des habitants se plaignent de l’aménagement de l’espace public peu sécurisant et peu qualitatif et demandent à la commune son réaménagement, via une interpellation citoyenne, déposée au conseil communal au mois de janvier. Précisons que la partie “uccloise” de l’artère, celle qui débouche sur la chaussée de Waterloo, a déjà bénéficié d’un coup de neuf, opéré par la Stib, mais que la partie “bruxelloise”, côté venue Louise, a bien besoin d’être refaite, la portion ixelloise (la plus longue, 185 mètres) ne l’a été qu’en partie.
Chaque tronçon a ses propres caractéristiques, ce qui donne à la chaussée carrossable et aux trottoirs un aspect hétéroclite, comme le note dans sa motion, l’ancien échevin qui conclut que pour le confort et la sécurité de tous les usager.es, en particulier les personnes à mobilité réduite, les piétons et les cyclistes, un réaménagement global ne serait pas du luxe. Or, note, Yves Rouyet dans son texte, le morcellement de la compétence ne facilite la réalisation d’un projet d’aménagement. Pour en faciliter l’exécution et améliorer la gouvernance, soutient-il, le plus simple serait de régionaliser l’avenue.
Sauf que jusqu’ici, la commune d’Ixelles n’a jamais entamé de démarches en ce sens, ni lors de la précédente législature, alors qu’Ecolo était en majorité (avec le PS, NDLR).
“Tout est possible“, répond Inge Paemen porte-parole de Bruxelles Mobilité. Ce n’est pas courant, mais certaines voiries le nécessitent en effet. “Bruxelles Mobilité prépare une proposition d’arrêté qui sera soumis au ministre régional en charge des Travaux Publics. Le gouvernement doit ensuite l’approuver”.
À la Ville de Bruxelles, le cabinet de l’échevine de l’Espace public, des Travaux de voirie, de la Mobilité, Anaïs Maes (Vooruit.brussels) nous répond que la commune est “en contact avec Ixelles à ce sujet. La proposition est en cours d’analyse.”
S.R.
■ Reportage de Vanessa Lhuillier, Charles Carpreau et Manu Carpiaux