Après les manifestations, Boris Dilliès répond aux étudiants: “Aucune autre majorité ne reviendra sur le coût du minerval”
“Si, demain, un autre type de majorité plus progressiste arrive au pouvoir en Fédération Wallonie-Bruxelles ou au fédéral, ne croyez pas une seconde qu’il y aura des modifications”, a déclaré lundi Boris Dilliès, le ministre-président (MR) de la Région bruxelloise, évoquant le coût revu à la hausse du minerval et la réforme du chômage, qui ont, selon lui, pour but de “pérenniser le système”. Il était interrogé par des étudiants de l’UCLouvain à l’occasion de la séance inaugurale du cours de sciences politiques.
Devant plusieurs centaines d’étudiants, principalement de Bac 1 en sciences politiques, le libéral bruxellois a abordé la théorie et le fonctionnement de la politique belge, expliquant ce qu’est la réalité du travail gouvernemental. Elle est, selon son expérience, faite de concertations, de travail de préparation en amont, à l’abri des caméras, d’arbitrages et de compromis et loin de l’image formelle des institutions et du seul récit des crises. Boris Dilliès s’est pour l’essentiel limité à expliquer pourquoi des projets mettent autant de temps à devenir des décisions politiques. Il s’est aussi arrêté sur cette culture et besoin du compromis à la belge, en évoquant les forces mais aussi les faiblesses du modèle de démocratie belge et le besoin de pouvoir le remettre en question pour l’améliorer.
Lors de la séance de questions et réponses, le parterre d’étudiants n’a pas manqué d’interroger Boris Dilliès sur les questions qui occupent la jeunesse depuis plusieurs mois: la hausse du coût du minerval et le sentiment de ne pas/plus être écoutés, qui en pousse de plus en plus à descendre dans la rue pour manifester.
“Nous vivons un moment difficile au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles“, a-t-il reconnu. “Mais, quand on arrive et que les caisses sont vides, on fait quoi ?“, leur a-t-il répondu, se disant assez stupéfait de voir certains manifester sans vraiment savoir pourquoi ils le font. “En politique, le gars le plus populaire, c’est celui qui donne. Mais, à un moment donné, il y a toujours quelqu’un qui paie, toujours. (…) L’argent magique, ça n’existe pas.”
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La Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle pris de mauvaises décisions ? “Il n’y a rien de plus malhonnête à dire cela“, réfute le ministre-président de la Région bruxelloise. “On n’a pas fait suffisamment attention à l’argent du contribuable et, à un moment donné, on doit prendre des décisions impopulaires mais qui ont pour objectif de pérenniser le système“, a-t-il insisté.
Pour Boris Dilliès, l’enseignement dans son ensemble, qu’il concerne le fondamental (maternel et primaire), le secondaire ou le supérieur, est “essentiel” et il est parfois nécessaire de le réformer. “Ne rien faire est pire.”
“Vous ne pouvez pas donner ce qui n’est pas à vous et vous ne pouvez pas donner ce que vous n’avez pas“, a-t-il encore dit aux étudiants, toujours interrogé sur des questions de budget.
Belga – Photo : Belga