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Anderlecht : des habitants d’Aumale interpellent au conseil communal

Des habitants du quartier Aumale ont interpellé jeudi soir le conseil communal d’Anderlecht sur la dégradation de la sécurité et de la salubrité autour du parc Forestier, de la place du Repos et de la station de métro Aumale. Désigné comme le 16e “hotspot” régional de la drogue en octobre 2024, le secteur a aussi été marqué par des coups de feu contre le commissariat de la rue Démosthène, qui longe le parc.

Les signataires réclament des “mesures urgentes, coordonnées et visibles” face à une “situation devenue intenable”. Ils dénoncent la consommation de stupéfiants et le deal à ciel ouvert, des seringues usagées et des troubles à l’ordre public. Ils demandent une coordination entre police, santé, prévention et aide sociale, ainsi qu’un calendrier d’action.
“C’était un petit paradis. Depuis six ans, c’est un enfer”, a témoigné une riveraine installée depuis 18 ans dans le quartier. Elle rapporte des consommations de crack et de drogues par injection, ainsi que des scènes de prostitution dans le parc en pleine journée. “On appelle la police. Encore et encore.”
Un autre riverain a rappelé avoir rencontré le bourgmestre deux ans plus tôt. “J’ai entendu les mêmes choses”, a-t-il regretté. Travaillant place Fontainas, il juge la situation désormais meilleure là-bas qu’au parc Forestier, où il décrit des excréments humains, des matelas et, lui aussi, des scènes de prostitution à proximité d’enfants. “Nous avons le camping Aumale”, a-t-il lancé. Une vingtaine de consommateurs occupent parfois les abords de l’ascenseur du métro, affirme-t-il. Selon lui, une caméra dont le poteau a été scié par deux jeunes le 16 juin n’a toujours pas été remplacée.
Les autres interpellations, questions et la proposition de motion des conseillers communaux – toutes sur le thème de la sécurité -, ont porté sur les fusillades, le trafic de stupéfiants, les tirs contre le commissariat, la stratégie communale et les responsabilités politiques.
Face aux constats des habitants et aux nombreuses questions des élus, le bourgmestre Fabrice Cumps (PS) a qualifié les tirs contre le commissariat de “palier supplémentaire dans l’escalade de la violence”. Selon lui, les trafiquants se sont cette fois attaqués “à l’État et à ses représentants”, signe selon lui que les opérations policières perturbent les réseaux criminels.
Il a défendu une stratégie combinant présence des forces de l’ordre, enquêtes et prévention dans les quartiers du Peterbos, Aumale, Lemmens et Clémenceau. Depuis le 18 mai, 181 patrouilles ont été menées à Aumale lors de 31 journées d’action. Les opérations de visibilité ont conduit à 288 arrestations, a-t-il indiqué. Six caméras mobiles ont aussi été demandées à safe.brussels, l’organisme bruxellois chargé de la sécurité.
Le maïeur a par ailleurs insisté sur le fait que la réponse ne peut être uniquement locale. En citant à plusieurs reprises le procureur du Roi Julien Moinil, il réclame davantage de moyens pour le parquet et la police judiciaire fédérale. Et comme le magistrat, il juge une présence policière structurellement renforcée plus pertinente que des opérations militaires ponctuelles.
Les échanges ont parfois été quelque peu houleux. Ils ont opposé Ecolo à la majorité, mais surtout les socialistes à leurs partenaires de majorité MR-Les Engagés. Sofia Bennani (Les Engagés) a notamment reproché au bourgmestre d’avoir supprimé les kobans, petits commissariats de quartier. Cette attaque a fait écho aux critiques visant, aux niveaux régional et fédéral, la gestion de la sécurité par les bourgmestres socialistes bruxellois.
À leur sortie, plusieurs habitants ont dénoncé ces “petits jeux politiques”. “Je les ai entendus discuter ici et, désolé, mais le citoyen n’est pas au centre. Ce sont des jeux politiques”, a regretté un orateur du soir. “Cela fait six mois que nous cherchons une nouvelle maison. Nous partirons, même si nous perdons de l’argent à la revente”, a confié l’un d’eux.
Présent pour les soutenir, Gilles Verstraeten, chef de groupe N-VA au Parlement bruxellois et ancien conseiller communal, a affirmé avoir interpellé le collège “six ou sept fois” sur Aumale lors de la précédente législature. “Les réponses sont toujours les mêmes et rien n’a changé”, a-t-il conclu.
Belga