22 mars : une exposition photo à la Chambre pour ne jamais oublier et rappeler que “le combat n’est pas fini”
Ce mardi, la Chambre des représentants organisait une cérémonie en hommage aux victimes avec l’inauguration d’une exposition photo de plusieurs dizaines de survivants et survivantes des attaques du 22 mars. Une manière de ne jamais oublier, mais surtout un message à faire passer aux autorités : le combat des victimes n’est pas terminé.
Sandrine Couturier a survécu à l’attentat de la station Maelbeek. Elle était dans le métro, à quelques mètres seulement du terroriste qui s’est fait exploser. “Bien sûr, on survit et on se rend compte qu’on a des forces insoupçonnées, un entourage qui est aussi très précieux. Après, c’est long et je pense que c’est ça qui est le plus compliqué à accepter“, admet-elle.
Sur le cliché exposé à la Chambre des représentants, Sandrine apparaît fière et souriante. À ses côtés, des membres de l’association Retissons du lien, dans laquelle elle s’implique depuis plusieurs années. Ce collectif réunit des victimes d’attentats et parents de djihadistes pour réfléchir à comment construire l’avenir ensemble. “Je suis fière du travail qui a été mené par ce collectif et qu’on mène toujours aujourd’hui. Il m’a permis, à côté de ma reconstruction personnelle, de m’inscrire dans une reconstruction plus sociétale. J’en avais besoin. J’avais besoin de reprendre une place dans la société, de ne plus être juste considérée comme victime“, s’explique Sandrine Couturier.
Autre photo au ton plus interrogateur : Gaëtan Meuleman est intervenu à Maelbeek en tant que sauveteur. Il est aujourd’hui vice-président de l’association de victimes Life4Brussels et se bat pour les oubliés du 22 mars : “Les policiers, les pompiers, les secouristes de la Croix-Rouge, les ambulanciers, les infirmiers, tous ceux qui sont intervenus sur place, voire même au sein des hôpitaux“, liste-t-il. “Tous n’ont pas oublié le 22 mars. Tous ont été touchés dans leur chair. Il y a des psycho-traumatismes bien présents. Ils n’ont pas été reconnus comme victimes“.
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Au total, l’exposition reprend les photographies d’une soixantaine de victimes. Elles attirent l’attention sur ces profils dont le combat, dix ans après, n’est toujours pas terminé. “On est toujours dans le processus de réparation“, fait remarquer Gaëtan Meuleman. “Au niveau des assurances, au niveau de la reconnaissance des dommages, du degré d’invalidité, le processus est toujours en cours dix ans après. Donc non, le combat n’est pas fini et il faut pouvoir préparer demain.”
Frédéric Van Leeuw fait partie des personnes conviées au vernissage. Le procureur fédéral, au moment des attentats de Bruxelles, a travaillé longtemps sur ce dossier et se souvient : “Parmi les personnes, il y en a pas mal avec qui j’ai été en contact et qui m’ont épaté par leur résilience, leur courage, leur envie de réparer le monde malgré tout ce qui leur était arrivé. Je trouve qu’il faut regarder ça avec beaucoup d’humilité“.
Ces clichés, fruit du travail de la photographe Nafi Yao, seront exposés à la Chambre des représentants jusqu’au 3 avril prochain.
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■ Reportage de Maël Arnoldussen et Marjorie Fellinger